lundi 31 mars 2008

Escape


Bon, alors, je vous prive pendant des jours de mes vains mauvais mots et personne ne réclame ! Pas un mail, pas un commentaire pour dire "eh, oh, on attend, nous". Non, rien, je peux disparaître de la blogosphère sans qu'on décrète une journée de deuil national. J'y crois pas. Lazare Ponticelli les a bien eues, lui, pour avoir chassé les poux et les rats à coups de popote réglementaire dans le boue des tranchées. Moi, rien.
Un écrivaillon disparaît et personne ne bouge, personne ne s'offusque ou s'inquiète, personne ne demande pourquoi.
Et pourquoi, d'abord ?
Ben, disons que quand on n'a rien à dire, il faut au moins savoir le dire. Et là, j'y arrivais pas. Paresse intestinale (je suis tombé par hasard sur un publi-reportage pour un sirop qui soulage la paresse intestinale, en me disant, elle va finir par le dire, elle va finir par le dire, qu'elle est constipée. Ben non, même pas. Même que sa fille aussi souffrait du même mal, mais elle avait appris son texte, elle l'a pas dit) donc paresse intestinale de ma logorrhée sentimentalo-libidineuse pourtant si prolifique.
Pis, l'ambiance n'était pas propice.
Pourtant, il suffit que j'écrive poussivement trois mots pour que s'ouvre un débat d'une profondeur et d'une tenue dignes des échanges entre Sartre et Aron au meilleur de leurs capacités intellectuelles quand il fallait choisir entre maoïsme, trotskisme ou stalinisme. J'écris trois mots, et hop, ce sont les B, SM, JY, XMB, XY, XX, qui montent créneau pour me dire que sur ces trois mots, deux sont de trop. Qu'on ne salue pas la voiture qui vous laisse passer. Que j'écris ni comme ni ce qu'il faut.
Alors voilà, j'ai pris quelques jours pour m'interroger. Du haut de mon seul livre jamais publié et de ce blog dont la qualité littéraire n'aura échappé qu'aux plus réfractaires à la découverte de nouveaux talents (sourires). Sur la place de l'écrit dans une société où le virtuel l'emporte sur les relations humaines, sur la théorie de l'écrivain, sur celle de l'artiste maudit, sur la théorie de la réception, surtout sur celle du bordel ambiant… Pourquoi écrit-on ? Ecrit-on pour quelqu'un ? Et si oui, pour qui ? Et dans ce cas, le connaît-on vraiment ? Dans quel but ? Peut-on écrire sans être lu ? Peut-on être lu sans avoir écrit ? Roméo était-il heureux en attendant Juliette ? Faut-il arrêter ? Ecrire sous couvert de l'anonymat ? En accès restreint ? Ecrire sur le papier, pour mes enfants, pour dans vingt ans, pour quand je ne serai plus là ?
Bref, anéanti par toutes ces questions et bien d'autres.
Non, parce que sérieusement, ce que j'écris ne doit pas bloquer mon standard téléphonique comme les débats sur Skyrock après 23 heures sur l'échangisme des adolescents de moins de 15 ans. Et encore, il y en a bien un qui va me dire que je profite du sommeil de ma femme pour donner mon avis par textos surtaxés sur la chaîne sus-nommée. On se calme. On est des grands, les mecs. Le jour où je publierai ici les textes que j'ai en réserve, "Le lavabo" ou "Ne le dis à personne", là on pourra discuter.

Avertissement : je procède par allusions : elle est dans le titre.
Allez, tiens, pour la peine, une photo de mon jardin (on ne rit pas, il compte quand même cinq potiches)

Faire tomber les murs, tous les murs



"…j'ai défini l'amour en disant qu'il était composé d'attirance, d'admiration et de projets communs."
Yvon Dallaire, Qui sont ces couples heureux ?

Je ne sais pas vous, mais quand j'ouvre cette page, ça lance une musique douce pour une voyance en ligne (maaarciiii, pas besoin !) ou le jingle d'une société d'assurance dont je tairai le nom. Promis, j'y suis pour rien.

dimanche 30 mars 2008

Il y a longtemps que je t'aime


Murano

C'est une bien belle réalité, et un film fort et émouvant à ne pas rater.

Juste un dialogue retenu, parce que j'aime le décalage, comme dans les films de Tavernier ou d'Audiard.
— Alors, ça y est, il est parti pour l'Orénoque, votre collègue ?
— Si se tirer un balle dans la bouche, vous appelez ça partir pour l'Orénoque, alors oui, il est parti, il y a dix jours.

mercredi 26 mars 2008

La rue des mirabelles


Aujourd'hui, c'est mercredi-enfants-taxi, donc j'écris en fragmenté.
Petit délire à midi avec les Trolls, Petit Prince ayant ramené un contrôle d'histoire, on s'est demandé pourquoi ni Homère, ni Ulysse, après l'épisode des Sirènes, n'avaient déposé le brevet des boules Quiès. Vous imaginez, presque 3000 ans de royalties, ça laisse le temps de voir venir.

Pourquoi la rue des mirabelles ?

Parce que j'adore les mirabelles, je suis un petit gars de l'est, et j'ai gardé ça. Si un jour j'avais un jardin, il y aurait des mirabelles. D'ailleurs, l'odeur que vous sentez, là, c'est celle d'un crumble aux mirabelles pour les Nains.
Ensuite, parce que cette rue des mirabelles, elle existe. Si, si, pour de vrai. Ici, dans mon village.
C'est la rue de la piscine. Celle dans laquelle je vais me baigner avec les Trolls.
C'est la rue dans laquelle j'ai visité plusieurs maisons à acheter quand je pensais encore qu'on ne peut être Bobo sans être propriétaire. J'aime bien, on dirait un quartier ouvrier, ce sont toutes les mêmes, mais devenues toutes différentes par la force du temps et les goûts de leurs propriétaires, on ne peut y accéder qu'à pied, il faut se garer au parking.
C'est tout.

Allez, la preuve que ce blog peut être personnel sans être indécent, je vous livre une info que seuls les plus initiés connaissent : je fais une collection de portes. En photo. Pas pour de vrai. Même si je m'en prends parfois, comme tout le monde. Une porte d'une bastide du Tarn visitée en mars 2007. Les photos des jours précédents, c'était Brousse-le-Château dans l'Aveyron (le petit Jésus), Séville et… Séville.

mardi 25 mars 2008

Memento finis


Littéralement, il semblerait que cela puisse signifier

"Pense à ton but"

ou

"Pense à ta fin"

La fin étant certaine, je me consacre à mon but.

lundi 24 mars 2008

Un nid de pétales sous tes doigts



Parce que les souvenirs sont les racines de nos rêves d'avenir.

J’ai fait comme tout le monde


J’ai mangé du chocolat, pas trop parce que je ne suis pas sucreries, je me suis inquiété-trop-comme-d’hab’ pour des personnes chères, et je suis allé voir “Bienvenue chez les Ch’tis”.
Comme tout le monde, vous dis-je. Une demi-heure de queue pour accéder à une salle pleine une demi-heure avant la séance, dans la puanteur des pop-corn. Je ne supporte pas cette odeur face à un écran noir.
J’ai vu. J’ai ri. Sans me tordre. Ce n’est pas le film que je voudrais emporter sur une île déserte ou sur mon lit de mort, mais ça marche. Pas de quoi applaudir comme l’a fait l’assistance à la fin. D. Boon dont je ne supporte pas les mimiques, mais Kad Mérad convaincant en arraché-transplanté-désabusé, Zoé Félix belle et figée qui colle à son rôle (de toute façon, elle me fera toujours penser au “Coeur des hommes” n°1), et une actrice dont je n’ai pas retenu le nom, belle de sincérité et de simplicité.
Des ficelles grosses comme les élingues de l’Abeille-Flandres, de l’humanisme à deux sous qui fait chaud, l’incontournable chanson de Brel sur les gens du Nord, des bons sentiments qui font du bien, la volonté acharnée des Ch’tis d’accueillir cet étranger du sud, des gens simples et beaux de simplicité, des couples qui s’éloignent avant de se retrouver et de vivre, tout simplement.
Un peu de régression ne fait pas de mal, de temps en temps. Même si en ce moment, ça régresse beaucoup et souvent dans bien des domaines. Et un peu de beaux sentiments, l’amitié, l’amour, même dessinés au marqueur plutôt qu’à la plume, ça fait parfois beaucoup de bien, dans la morosité sarkoziste ambiante.

Y a pas quelqu’un qui écrivait récemment ici sur ma “vie palpitante” ?
Faut savoir sourire et cultiver l'auto-dérision pour ne pas sombrer.

Avis aux litinistes, hellénistes ou gens cultivés, je cherche le verbe qui signifierait “faire de quelque chose une féérie”.

samedi 22 mars 2008

N'étaient les nuages, on ne jouirait pas du soleil


Proverbe irlandais. Je ne ne connais pas l'Irlande, mais ça semble aussi bien adapté à l'image que j'en ai qu'au temps dont nous jouissons.
Deux portes de chambres qui s'ouvrent de concert :
— il neige !
— il grêle !
Bon mettez-vous d'accord. De toute façon, c'est normal.

Chaque jour, c'est pareil, je choisis une photo et me dis : ce sera tout pour aujourd'hui.
Puis j'écris quelques mots, qui deviennent quelques lignes, qui…

Je pourrais vous parler de ma cafetière qui fait désormais un café que même un Turc refuserait. J'ai dû fauter, pour mériter ainsi les foudres divines. Je le confesse, j'ai oublié de faire Carême.
Du week-end qui débute, des copies à corriger : 47 copies de Brevet Blanc, un paquet sur la seigneurie au Moyen-Age, un paquet sur les chevaliers. Faites le compte si ça vous chante, moi, j'ai pas envie. De la chasse aux œufs chez les grands-parents.
Du choix de nouvelles lunettes pour Petite Princesse qui semble, la pauvre, devoir faire avec une vue aussi bonne que celle de son père. Et la question sous-jacente : combien la mutuelle va-t-elle encore me rembourser de tout ça ? En euros ou en centimes d'euros ?
Et je pourrais aussi vous parler aujourd'hui d'avril. Parce qu'il y aura les vacances, donc quelques jours avec Jane-Grande Princesse (clin d'œil à Calliope), à préparer, à ne rater à aucun prix.

Avril, c'est aussi le mois des anniversaires. Petite Princesse pour ses 8 ans ne sait pas encore ce qu'elle veut, mais elle veut inviter ses copines à la salle d'escalade. C'est cher, mais on verra. Peut-être pas plus que le Mc Do ou le bowling, et plus sympa.
Petit Prince pour ses 12 ans sait ce qu'il veut : que je lui organise une rando avec ses copains. Problème, lui il marche, mais ses copains ? Ce sera le Lac d'Oo, en mai, en fonction de la météo. En plus, si le refuge est ouvert, ils vendent des glaces. Ca peut toujours motiver les plus fatigués.
Et comme cadeau ? Longtemps, pour lui, 12 ans, c'était l'âge de regarder Alien en DVD. Maintenant, il a la trouille. Non, Monsieur veut un 3000, son premier 3000. Pas aujourd'hui, avec un risque d'avalanches de 4/5. C'est pas jouable. Alors en mai ou juin, quand la neige aura fondu, tu auras le Taillon au-dessus de Gavarnie, un vrai 3000, avec en prime la Brèche de Roland (et là je pense fort à Grande Princesse qui y a rodé ses nouvelles chaussures), et même, si tu as encore du courage et des jambes, la Grotte Glacée du Marboré. Comme ça, même si réchauffement il y a, tu pourras dire que tu l'as vue.

De toute façon, le réchauffement, c'est pas pour aujourd'hui. Ah, la photo, vous reconnaissez, c'est… le Brèche de Roland.

vendredi 21 mars 2008

Vie glycine


Le jardinier du dimanche que je fus sait qu'il en est de certaines vies comme des glycines ou des chèvrefeuilles.
On peut couper les branches, mais pas les délacer d'entre-elles. Couper au plus court et les voir repartir de plus belle au printemps, regagner en quelques mois le feuillage perdu, intégrer, enlacer, les branches coupées auparavant. Tordre le fer sur lequel elle pousse plutôt que de se laisser coucher à terre.

Serres municipales de la Tête d'Or, Lyon


Petite Princesse et Petit Prince sont de retour, chouette. Même que mon fiston a encore eu les félicitations, du conseil de classe. T'es trop fort, p'tit mec, j'suis trop fier.

Je ne sais pas si vous avez entendu, mais les sirènes ont retenti cette semaine dans les établissements scolaires. Exercices d'entraînement, mise en place du PPMS, Plan Particulier de Mise en Sécurité, plan de confinement face aux risques naturels et technologiques depuis les tempêtes de décembre 1999 et AZF en septembre 2001. C'est encore du rodage, du bricolage, mais il faut le faire.
J'avais échappé au nuage toxique dans mon bahut n°1, j'ai eu droit au risque nucléaire dans mon bahut n°2 ce matin. Volets et fenêtres fermés. Téléphones éteints. Premier dilemme : en cas de risque explosif, éteindre les lumières. Je fais quoi, dans le noir, pour une période indéterminée, avec 25 élèves (mixtes, faut-il préciser) de troisième ?
Economiser l'oxygène, limiter les déplacements. S'il y a un malaise, faut-il ouvrir la porte ? Qui appeler ? Et s'ils sont dans le noir, comment je sais qu'il y a un malaise ? Ou qu'ils ne font pas autre chose ?
Mais, mais, mais, j'avais tout prévu : une carte à compléter, ça ne consomme pas beaucoup d'oxygène. Sauf que les commentaires continuent. On attend la fin de l'alerte. Bon, faut toujours compter avec ceux qui n'ont pas de crayons de couleurs. En troisième, c'est à peu près les deux tiers d'une classe, parce que pour les garçons, "ça le fait pas", et que pour les filles, le sac à main qui leur tient lieu de cartable est plutôt mini.
L'alerte dure. Question : si l'un d'eux a besoin d'aller aux toilettes ? On est sensé avoir un seau. Y en a pas.
La température monte : on a pensé aux volets, aux fenêtres, à éteindre nos portables, mais… pas à couper le chauffage. Du vrai confinement, je vous dis. Les normes de construction prévoient qu'un élève génère une chaleur de 60 watts. Ils sont 25. Ajouté aux radiateurs, ça finit par chauffer, et même par sentir, la transpiration.
Mais bon, c'est aussi comme ça qu'on apprend.

Cet après-midi, premier cours sur la justice. On part de l'affaire Dreyfus, c'est le programme, et un bel exemple d'erreur judiciaire. Et très vite, on en arrive au décès de Chantal Sébire. Passé la compassion, une fois exprimés les bons sentiments et les questions de certains, on en arrive vite à la place de la loi, qui se doit d'être la même pour tous, et pourtant, la place de la loi, cadre et reflet social, sur la question de l'interprétation… Ils ont 13/14 ans, mais des idées, une ébauche de rigueur, des arguments. Ils sont chouettes ces gamins. Je crois qu'on tient là un sujet de débat pour la semaine prochaine. Je m'en vais préparer ça.

Je crois que j'ai raté ma vocation, j'aurais dû faire prof' de philo en collège. Mais ça n'existe pas. Et c'est bien dommage.

jeudi 20 mars 2008

Craindre de perdre la piste des doigts enlacés

"Lorsque nous parlons de sens en anthropologie, c'est du sens que les hommes peuvent donner à leurs relations réciproques dont nous parlons, du sens social. Et c'est bien de ce sens-là aussi que parlent les individus quand ils s'inquiètent du sens de leur vie."
Marc Augé, "Le sens des autres"



Aix-en-Provence

S'anéantir dans la crainte de la perte, de l'abandon, goûter un carré de soleil comme preuve d'une vie.
Changer de saison en silence, se souvenir des bonheurs de celle qui se clôt, espérer de celle qui s'ouvre.
Espérer demain pour ces aujourd'hui que l'on fuit.
Aligner quelques mots nostalgiques pour tromper les distances et le temps.

mercredi 19 mars 2008

J'fais toujours tout à l'envers

Et pourtant, je ne suis pas gaucher. Ce blog est un peu parti en vrille, ces derniers jours.
C'est comme la vie. Faut laisser reposer.
Paraît que j'écris pour me faire plaindre. Non, franchement, je ne suis pas à plaindre, et je ne me plains pas.
Je plains les Tibétains, les habitants de l'estuaire de la Loire qui vivent les pieds dans le mazout, M. Xavier Darcos (si, si, enfin presque), ceux pour qui le retour du printemps signifie reprise des expulsions…

mardi 18 mars 2008

Il regarde sa bibliothèque

Il regarde sa bibliothèque. Son monde, son univers. Sa vie. Les Traces de sa vie. Les reliques. Le reliquat.
Elle parle autant par ses pleins que par ses vides. Par les livres qui le regardent. Par ceux qui ont disparu et ne le regardent plus.
De son enfance, de sa jeunesse, il ne reste rien, pas le moindre Fantomette, pas le moindre Club des Cinq. Rien. Son enfance a tout pris. Ses parents ont tout pris. Trop de déménagements, trop de tris par le vide. Il ne reste rien. Après, il avait le droit d'emprunter des livres. De les emprunter seulement.
Il constitue la bibliothèque de ses enfants. Pour qu'ils en aient une, aujourd'hui, demain.
Sa bibliothèque, comme sa vie, commence au début de l'âge adulte. Sciences humaines, bandes dessinées, peu de littérature. Il avait fait du livre son métier.
Une étape universitaire à la fois brève et riche. Les livres sont là pour rappeler une thèse inachevée. Toujours sur le livre et son commerce. Parce que la vie ne lui a pas laissé le temps de l'achever. Des articles, des thèses dont les fiches de lecture sont pieusement conservées sur le disque dur. Il a été étudiant, assez brillant. De la géo, de l'histoire, de l'éco, de la socio. Les bouquins achetés pour les concours, le Capes, puis l'Agreg'. Au mileu trône, dans la salle du trône, trois exemplaires de son livre, le seul qu'il ait jamais écrit, suffisamment remarqué en son temps pour que le tirage soit épuisé en quelques mois.

Un nombre assez conséquent de polars, parce qu'à certaines périodes de la vie, quand s'évader devient vital, l'intrigue prime sur la qualité de l'écriture. Puis de la littérature, des romans, signe que sa vie avait fini par s'apaiser. Par revenir.
Des guides de voyage, des Routard trop vieux pour être encore utilisables. Mais ils sont là. Inusables.
Des livres soigneusement mis à l'abri, d'un auteur unique, dédicacés, personnalisés, unicifiés, personnifiés. Sanctuarisés.
Des beaux-livres et des livres beaux, de beaux arts et d'arts qu'il trouve beaux.
Ceux qu'il lisait à la naissance de ses enfants, quand ils ne faisaient pas encore leurs nuits. Des livres offerts, cadeaux reçus. Il n'a jamais compris que certaines personnes ne lui en offrent pas, quand ils en manipulaient tant.
Et puis il y a ceux qui manquent. Partages douloureux.
Il y a ceux qu'il a jetés, parce qu'il fallait partir léger, arbitrer, trier, choisir. Ceux qui ont été vendus pour payer une maison trop grande, une décision de justice, un avocat, un procès. Livres anciens, de bibliophilie, la collection de la Pléïade, sauf Cohen-Gracq-Kafka, tout ce qui pouvait avoir une valeur marchande. A l'unité ou en gros. Vrai, il aurait préféré les offrir. Il savait à qui.
Elle a voyagé, cette bibliothèque. Il a plusieurs fois cru la construire, l'organiser, l'enrichir. En faire la bibliothèque d'un couple, d'une famille. Pour longtemps.

Une bibliothèque, c'est une vie. Il regarde sa vie. Et les livres qui manquent. Et les rayonnages qui lui restent.

Fibre sensible


La journée sera dure de migraine. Ben oui, certains mecs ont ça, aussi. C'est une manière d'encaisser.

La vie ne tient parfois qu'à un fil. Vie-tapisserie, même si nous ne sommes pas tous des Guillaume le Conquérant, lissier acharné et fébrile qui tisse, et continue à tisser. Tapisserie pleine de trous, volutes qui deviennent anguleuses, courbes saillies, motifs répétés et interrompus, mille-fleurs inachevés, les fils qui se rompent et ceux dont la qualité décline quand la bobine se dévide, ceux que l'on coupe parce que trop sac de nœuds, ceux qui s'effilochent, fils sur lesquels on tire au risque de les rompre, parfois la trame s'éclaircit, les couleurs pâlissent, les motifs deviennent flous, les fils s'écartent pour laisser passer trop de lumière, il arrive qu'il ne reste qu'un fil. Faut-il le couper ou y nouer-serrer de nouveaux, reprendre le travail qu'on serait tenté de poser, d'abandonner, même s'il ne reste qu'une corde de chanvre ?
Ne pas se laisser décourager, ne pas se laisser abattre, c'est sa vie que le petit artisan bricole sans savoir-faire, mais avec ses doigts, sa tête et son cœur.
La sensibilité, c'est s'émouvoir des couleurs de cette vie-tapisserie, et donner des couleurs aux vies-tapisseries dont on partage, un peu, beaucoup, les trames.
La sensiblerie, c'est prêter ses larmes à l'œil du poisson mort.
Ce très vieux poisson-là, vous pouvez l'admirer au Musée des Tissus de Lyon, en moins flou, mais c'est encore une photo volée.

lundi 17 mars 2008

Un inconnu vous offre des fleurs


Moi, je m'offre ici une récré dans une journée encore bien remplie.

Vous savez quoi ? Toulouse est une ville rose. De peu, de pas grand chose, rien à voir avec le score de Martine Aubry à Lille, mais n'empêche. On verra ce que fera le nouveau staff. Doit y avoir un modus vivendi entre les sortants et les entrants, le temps de vider les bureaux, de ranger les armoires, de trier les dossiers, de remplir quelques camionnettes fantôme, sait-on.
Procès d'intention.

Sinon ? Taf, taf, taf, depuis ce matin 8h30, et c'est pas fini. En plus, Petit Prince et Petite Princesse me guettent. Ils sont passés tout à l'heure et m'attendent sur MSN. "Dis, tu te connectes, hein papa, tu te connectes dès qu'on rentre".
Et mon boulot, les Trolls ? Et votre boulot à vous ?

J'aime bien mettre les élèves face à eux-même. Ce matin, vie de classe, on va préparer le conseil de classe de demain. Je leur distribue leur bulletin du trimestre, mais coupé, massicoté, rogné, seulement les notes, avec pour consigne de rédiger eux-même l'appréciation de chacun de leurs prof's. J'aime voir, et leur montrer, combien le regard sur eux qu'il nous prêtent peut être faussé, sévère, peu complaisant et très déshumanisé.
Puis des cours, des corrections, des réunions, des discussions à propos d'élèves en difficultés. Pourquoi, quand on creuse un peu, quand on gratte le vernis de l'échec scolaire qu'on aime leur passer pour se rassurer, on tombe toujours ou presque sur des problèmes familiaux, sur des vies difficiles, des enfances brisées dans l'œuf ?

Devoir de mémoire ce matin, une minute de silence à la mémoire de Lazare Ponticelli, dernier poilu français. Vous saviez, vous, que le dernier poilu allemand, Erich Kätsner, est mort en début d'année à 107 ans, dans l'indifférence la plus totale ? Et qu'il n'y a pas, en Allemagne, de liste nominative des vétérans de la Grande Guerre ? Quelle mémoire honorons-nous ? Celle d'une boucherie et des hommes qui y ont été menés ? Celle d'une victoire, d'où serait nécessairement exclue la mémoire collective allemande ?

Je dois encore préparer un corrigé d'examen blanc à mettre en ligne sur mon site pro, pour mon second bahut. Ca porte un nom, maintenant, on nous appelle les flexiprofs.

Le facteur m'a déposé un cadeau que je me suis offert avec un bon d'achat, une superbe tablette graphique format A6, exactement dimensionnée pour mon bureau, parce que mon espace de travail, ici, c'est un peu comme dans la chanson "tout est mini dans notre vie" de Jacques Dutronc. Juré, dès que je maîtrise, j'abreuve ce blog de mes œuvres. En attendant, la photo, c'est un photomontage du musée Van Gogh à Arles.

dimanche 16 mars 2008

Carrière des honneurs


Une photo de circonstance, faite à Port-Vendres cet hiver, en pensant que cela pouvait illustrer un cours d'Education civique.
Un peu comme sous la République romaine, où il fallait occuper successivement plusieurs fonctions pour faire carrière en politique, ce monsieur Jules Pam, dont je ne connais rien, présente ici un déroulement de carrière exemplaire.

N'empêche. La liste sortante, de gauche, a été réélue au premier tour ici.
J'attends maintenant 20 heures pour savoir si Toulouse mérite enfin le qualificatif de "ville rose".

Aparté sur les coiffeurs bénévoles.
Je butine, plus que je ne lis, en ce moment, dans un gros pavé qui s'appelle "Chronique d'une France occupée 1940-1945", ensemble de rapports de gendarmerie rédigés durant la seconde guerre mondiale et collationnés par deux journalistes. Aucun recul, aucune analyse historique, les documents sont livrés bruts, mais relativement significatifs de la vie quotidienne sous l'Occupation dans ses différents aspects.
Et rédigés dans un langage administratif dont je ne résiste pas à l'envie de vous livrer un extrait, concernant l'arrestation par des résistants d'une vingtaine de femmes ensuite tondues en public.
"… parmi les victimes se trouvaient des jeunes filles qui déclarent n'avoir jamais eu de rapports avec un homme et sont décidées à prouver leur virginité et à attaquer en justice leurs coiffeurs bénévoles."
Bon, c'est vrai que qualifier des résistants de coiffeurs bénévoles en 1944, ça donne déjà un avant-goût d'après-guerre.

samedi 15 mars 2008

A coté de ses pompes


Pas de "Une par jour" hier, par manque de temps et pour cause de fatigue de fin de semaine.

Alors, pied romain, grec, égyptien ou vénitien ?

jeudi 13 mars 2008

Al Andalus


Petit clin d'œil à l'ami R., collectionneur de céramiques, et à V.
N'attendez pas, n'attendez plus, l'Andalousie, c'est magnifique, et il n'y a pas de plus bel endroit pour être amoureux ou pour fêter un anniversaire de mariage.
Et franchement, hormis à Istanbul, je n'ai pas vu de si belles céramiques qu'ici. Y'aurait bien Samarkande ou Boukhara, mais… personne ne m'y a encore amené.


Jardins de l'Alcazar de Séville.

mercredi 12 mars 2008

La vie est dure, il faut tailler dedans


Cimetero de Venise

La journée d’hier fut pleine d’interrogations philosophiques.

Tout a commencé au petit dej’, Petite Princesse voulait savoir si j’optais pour la crémation ou l’enterrement. Bonjour, bon jour, ça démarrait sur les chapeaux de roues. Nous sommes tous les trois tombés d’accord sur la crémation, l’argument de Petit Prince et Petite Princesse étant imparable : ça prend moins de place ! J’ai eu beau leur expliquer que les Vénitiens avaient trouvé la solution en réduisant la taille des pierres tombales, le choix était fait.

Puis j’ai bossé. Aussi. Si, si. Un prof’ bosse. Des fois. Et s’interroge.
Que faire pour ce gamin de treize ans qui obtient péniblement 1,5 sur 20 de moyenne en français, et… le double en maths. Parce que la question qu’il faut se poser, ça n’est pas ce qu’on peut faire de lui, mais pour lui. Et là, ça se corse. Parce qu’on n’a que peu d’outils, qu’on n’est formés que pour faire réussir ceux qui réussissent, que les heures de colles, les punitions, les ronflons et les mises en garde ne servent à rien. Qu’est-ce qu’on peut en faire ? De la chair à paté ? Il subit ce qu’on fait de lui, faute de pouvoir faire quelque chose pour lui. Et pourtant, il sourit, ce gosse, il rit, il écrit de manière illisible mais veut parler… Même que j’ai pu lui prouver qu’il comprenait, qu’il pouvait réussir, qu’il y arrivait.

Nouvelles interrogations philosophiques hier soir, Petit Prince sortant du frigo une boite de boisson énergisante enrichie aux herbes aromatiques nord-africaines ou jamaïcaines, achetée en Espagne et jamais goûtée, et qui me demande ce que c’est, si c’est bon… Je dis quoi, là ?
Et sa frangine, qui a toujours une oreille qui traîne ? Que va t’elle raconter à ses copines ? à sa maîtresse ? aux parents de ses copines ?
No comment, mon gars, tu manges ton Flamby et tu mets ton pyjama, pendant ce temps, je range le frigo.
C’est rassurant, en un sens : il ne sait pas (encore) reconnaître le dessin d’une feuille du tabac de Bob Marley. Il n’aurait plus manqué que ça, je l’inscrivais chez les sœurs.



Et ce blog, vous croyez que c’est reposant ? ça donne l’esprit MoDem, tenir un blog. Le fond noir, c’est chouette, ça met bien les photos en valeur. Mais le texte est illisible. Alors fond blanc ? Pour avoir des photos toutes palichonnes ? Changer de police de caractères ? Changer de casse ? Et pourquoi pas une colonne à gauche ?
Non, franchement, face à un tel casse-tête, je me sens proche de Bayrou : gauche ? droite ? j’y vais ? j’y vais pas ? j’y vais ? j’y vais pas ? j’y vais ? j’y vais pas ? j’y vais ? j’y vais pas ?
Ah, trop tard. Tant pis, je reviendrai la prochaine fois.

Bon, sérieux, je ne suis pas mécontent de cette nouvelle maquette.
Une journée bien épuisante

mardi 11 mars 2008

Les couleurs de Venise (Opus Deuxième)








Vu ?
Opus Deuxième et non Opus Second, parce que je maîtrise encore relativement l'ortaugraffe, ce qui sous-entend qu'il y aura au moins un Opus Quatrième. Un jour. Bientôt.

Réveil au radar, la tête à l'ouest et l'ouest dans le brouillard ce matin, un goût de papier mâché en bouche, le nez bouché, la tête comme une citrouille. Petit Prince m'a doctement expliqué que mon cerveau manquait d'oxygène à cause de mon nez bouché. Touchez pas à mon cerveau, c'est peut-être ce que j'ai encore de plus beau après le cœur. Ouvrir grand la bouche pour oxygéner mes petits neurones, allez les gars, on inspire et on expire bien profond, je ne veux pas vous perdre, moi.
Si Dieu existe et qu'il a fait le monde en six jours pas plus, pourquoi il a inventé les virus en laissant aux hommes le soin de se démerder pour inventer l'aspirine ? Dieu, pourquoi m'as-tu fait ça ?
Ferme les yeux, ouvre tes neurones, peut-être que la tête en citrouille, c'est un message divin. Rien à attendre de la transcendance, Dieu ne descendra pas en moi, y a plus de place, c'est complet, la graisse et le mauvais cholestérol gagnent chaque jour. Non, c'est de l'immanence que vient le Salut divin. Dieu est en moi, suffit de taper fort sur la tête-citrouille, et paf, que vois-je, oh, un carrosse. Et attention, pas n'importe quoi, comme carrosse, pas une camionnette noire customisée de fleurs roses et bleues (oui, chers lecteurs, je parle ici une fois encore de ma voiture), non, un beau carrosse, tout rose et blanc, mené de deux fiers destriers pommelés dont descend une Princesse.
Gros plan sur les regards, travelling arrière, le Prince (c'est moué !) tend la main à la Princesse (c'est Elle) qui descend du carrosse de ses chaussures de vair, ne pas oublier le chant des oiseaux et quelques oiseaux qui volettent autour de la tête de Princesse, il la prend dans ses bras, l'enlève à cette vie et court la porter dans leur chambre.
La porte se ferme, après ça ressemble un peu à "Cinq semaines et demi", "L'empire des sens" ou "XXXXX-Files", ils se marient, font l'amour tout le temps, et tant pis s'ils n'ont pas d'enfants.

Et c'est pas tout. Ce matin, dans mes limbes cérébrales basses de plafond, j'apprends que le Vatican vient de rajouter de nouveaux péchés. Rien que ça. Tu ne pollueras pas !
Déjà que j'ai bien du mal à voir le Mal dans la paresse et la luxure, là, franchement, je sais pas comment je vais faire pour échapper à la damnation éternelle. Si, je sais, bien mettre dans la poubelle à papiers la gazette paroissiale dont s'honore régulièrement ma boite à lettres. Et signer la pétition pour que l'élection du prochain pape soit annoncée par une corne de brume à manivelle et non plus par une fumée blanche.
Au fait, ils ont signé le Protocole de Kyoto, au Vatican ?

Et vous avez entendu ? Cloclo est mort il y a trente ans ! Déjà !
On peut pas dire qu'il s'est éteint, parce que vu qu'il est resté branché, on n'est sûr de rien. Même sans costume à paillettes, il faisait encore des étincelles. Trente ans, déjà. Ce con. Je me souviens, en plein dans la campagne de Chasse au Gaspi, souvenez-vous, une espèce de Barbapapa rose avec un entonnoir sur la tête, il a fait péter le réseau électrique dans toutes les environs de Fontainebleau. EDF, nous vous devons plus que la lumière.
Trente ans. J'étais jeune et insouciant, pas encore d'acné, pas encore de turpitudes sentimentales, pas encore d'inquiétudes sur l'avenir de mes enfants, juste quelques fantasmes naissants sur les Claudettes en maillots, parce qu'il faut bien dire que les Claudettes chez les Carpentier, ça ressemblait quand même beaucoup à l'élection de Miss France ou au défilé de la nouvelle collection Princesse Tam-Tam. Il avait beau se déguiser en sardine et s'agiter comme s'il avait pris le jus, c'est pas lui qu'on voyait.
Non, il y a trente ans, j'étais en CM2, précisément en classe de neige avec l'ami R., j'essayais vainement de skier parallèle pour arborer fièrement mes deux étoiles en retrouvant mes parents.

Trente ans, ça ne nous rajeunit pas.
Je me rassure en me disant que les Claudettes ont dû prendre un bon coup de vieux, elles aussi.

lundi 10 mars 2008

Les couleurs de Venise


Venise, 2008

Il crie en anneaux brisés
un amour en amers que les flots imaginent
ni ne baignent

craignant en nid de tendresse et de douceur
de perdre à ses yeux ses couleurs

s'époumone à des oui
que des peut-être répètent
sûr de valoir et pourtant

de la soie de ses doigts
il dessine
d'improbables palais
pour le cas où elle viendrait

dimanche 9 mars 2008

Esquisse d'un projet poétique par temps pluvieux


Si l'amour soulève les montagnes
il me fait sculpteur de pierre
dont la poussière même
se veut promesse de bonheur
vase canope ciselé à ton cœur
chaque ébauche d'un bonheur tien
souvenirs d'avenirs en glyptothèque

Silhouette en ébauche
bas-relief de courbes en lumachelles
les doigts en outils d'acier
tentent en vanité de modeler
ce que savent les strates du cœur

Formes d'ombres et de reliefs
sein de marbre ou d'albâtre
modelé de mes pensées
poli de mes mains
velours d'une texture d'orante
cathédrale de granite
défiant les siècles
courbe esquissée
d'un carrare callipyge
géométrie d'un stuc andalou
d'une vie en ronde-bosse

Cariatide athénienne au plissé tombant
seulement animé du vent du Pirée
idole de jade devant une vitrine
défiant en miroir
une statue des Cyclades
profil au poinçon dessiné en camé
agate bicolore portée au doigt
hiéroglyphes en cartouche sur les grès du Nil
ton nom répété en delta de désirs

Vierge à l'enfant que l'amour ne sculptera pas
porphyre rouge des colonnes d'une basilique vénitienne
serpentines et onyx en pavements
brillants des pas des fidèles qui bravant le temps
ont précédé les nôtres

Le dictateur


Photo : Banyuls, 2008

Hasard du calendrier, en ce jour d'élections, nous avons regardé ce matin "Le Dictateur" de Charlie Chaplin, avec Petit Prince et Petite Princesse. Le discours final n'apporte rien à la condamnation du totalitarisme hitlérien que constituent les 110 minutes qui précèdent, mais constitue un retournement de situation attendu et nécessaire au déroulement du récit.
C'est un peu long, mais la démocratie mérite parfois un long plaidoyer.

"Espoir... Je suis déésoléé, mais je ne veux pas êêtre empereur, ce n'est pas mon affaire. Je ne veux ni conquéérir, ni diriger personne. Je voudrais aider tout le monde dans la mesure du possible, juifs, chréétiens, païens, blancs et noirs. Nous voudrions tous nous aider si nous le pouvions, les êêtres humains sont ainsi faits. Nous voulons donner le bonheur àà notre prochain, pas lui donner le malheur. Nous ne voulons pas haïr ni humilier personne. Chacun de nous a sa place et notre terre est bien assez riche, elle peut nourrir tous les êêtres humains. Nous pouvons tous avoir une vie belle et libre mais nous l’avons oubliéé.

L’envie a empoisonné l’esprit des hommes, a barricadé le monde avec la haine, nous a fait sombrer dans la misère et les effusions de sang. Nous avons développé la vitesse pour nous enfermer en nous-mêmes. Les machines qui nous apportent l’abondance nous laissent dans l’insatisfaction. Notre savoir nous a fait devenir cyniques. Nous sommes inhumains à force d’intelligence, nous ne ressentons pas assez et nous pensons beaucoup trop. Nous sommes trop mécanisés et nous manquons d’humanité.

Nous sommes trop cultivés et nous manquons de tendresse et de gentillesse. Sans ces qualités humaines, la vie n’est plus que violence et tout est perdu.

Les avions, la radio nous ont rapprochés les uns des autres, ces inventions ne trouveront leur vrai sens que dans la bonté de l’être humain, que dans la fraternité, l’amitié et l’unité de tous les hommes.

En ce moment même, ma voix atteint des millions de gens à travers le monde, des millions d’hommes, de femmes, d’enfants désespérés, victimes d’un système qui torture les faibles et emprisonne des innocents.

Je dis à tous ceux qui m’entendent : Ne désespérez pas ! Le malheur qui est sur nous n’est que le produit éphémère de l’habilité, de l’amertume de ceux qui ont peur des progrès qu’accomplit l’Humanité. Mais la haine finira par disparaître et les dictateurs mourront et le pouvoir qu’ils avaient pris aux peuples va retourner aux peuples. Et tant que des hommes mourront pour elle, la liberté ne pourra pas périr. Soldats, ne vous donnez pas à ces brutes, à une minorité qui vous méprise et qui fait de vous des esclaves, enrégimente toute votre vie et qui vous dit tout ce qu’il faut faire et ce qu’il faut penser, qui vous dirige, vous manœuvre, se sert de vous comme chair à canons et qui vous traite comme du bétail.

Ne donnez pas votre vie à ces êtres inhumains, ces hommes machines avec une machine à la place de la tête et une machine dans le cœur.
Vous n’êtes pas des machines.
Vous n’êtes pas des esclaves.
Vous êtes des hommes, des hommes avec tout l’amour du monde dans le cœur.
Vous n’avez pas de haine, sinon pour ce qui est inhumain, ce qui n’est pas fait d’amour.
Soldats ne vous battez pas pour l’esclavage mais pour la liberté.

Il est écrit dans l’Evangile selon Saint Luc « Le Royaume de Dieu est dans l’être humain », pas dans un seul humain ni dans un groupe humain, mais dans tous les humains, mais en vous, en vous le peuple qui avez le pouvoir, le pouvoir de créer les machines, le pouvoir de créer le bonheur. Vous, le peuple, vous avez le pouvoir, le pouvoir de rendre la vie belle et libre, le pouvoir de faire de cette vie une merveilleuse aventure.

Alors au nom même de la Démocratie, utilisons ce pouvoir. Il faut tous nous unir, il faut tous nous battre pour un monde nouveau, un monde humain qui donnera à chacun l’occasion de travailler, qui apportera un avenir à la jeunesse et à la vieillesse la sécurité.

Ces brutes vous ont promis toutes ces choses pour que vous leur donniez le pouvoir : ils mentaient. Ils n’ont pas tenu leurs merveilleuses promesses : jamais ils ne le feront. Les dictateurs s’affranchissent en prenant le pouvoir mais ils font un esclave du peuple.

Alors, il faut nous battre pour accomplir toutes leurs promesses. Il faut nous battre pour libérer le monde, pour renverser les frontières et les barrières raciales, pour en finir avec l’avidité, avec la haine et l’intolérance. Il faut nous battre pour construire un monde de raison, un monde où la science et le progrès mèneront tous les hommes vers le bonheur. Soldats, au nom de la Démocratie, unissons-nous tous !

...
Hannah, est-ce que tu m'entends ? Où que tu sois, lève les yeux ! Lève les yeux, Hannah ! Les nuages se dissipent ! Le soleil perce ! Nous émergeons des ténèbres pour trouver la lumière ! Nous pénétrons dans un monde nouveau, un monde meilleur, où les hommes domineront leur cupidité, leur haine et leur brutalité. Lève les yeux, Hannah ! L'âme de l'homme a reçu des ailes et enfin elle commence à voler. Elle vole vers l'arc-en-ciel, vers la lumière de l'espoir. Lève les yeux, Hannah ! Lève les yeux !"

samedi 8 mars 2008

D'après photo

En faisant défiler des photos de Venise, nous nous sommes amusés avec Petit Prince et Petite Princesse.
Bon d'accord, ça vole pas haut, et on a encore des progrès à faire avec Photoshop.









vendredi 7 mars 2008

Larme à gauche


"- A quoi pensez-vous, Joséphine ?
- Je pense que ça va faire six mois que je dors dans vos bras presque tous les après-midi…
- Le temps vous paraît long ?
- Le temps me paraît une plume…"

Le mien temps du jour est de plomb.
Lisez "Les yeux jaunes des crocodiles", de Katherine Pancol, c'est beau, d'une construction sans faille, on y croise et on y suit des personnages très attachants.

jeudi 6 mars 2008

C'est tellement rien


C'est tellement rien, d'y croire.
Et c'est tout pour aujourd'hui.



Pyrénées-Orientales, 2007

mercredi 5 mars 2008

Loto ou salon de l'auto ?

Saloperie de voiture. Autant j'accepte de passer parfois des heures à bidouiller sur l'ordinateur, avec un résultat plus ou moins heureux (voir ce blog), autant j'aime bricoler, en intérieur comme en extérieur, décorer, aménager, bichonner mon intérieur et ceux qui y vivent, bichonner ceux qui me sont proches, autant je me désintéresse de la voiture si sacrée à certains. Je ne peux pas. Je n'y arrive pas. La lustrer, la briquer, la laver le samedi matin, faire la vidange le dimanche matin, acheter l'Auto-Journal, tout ça, je peux pas. Je ne sais pas faire. Jamais eu envie. Déjà, ça me coûte de prendre dix minutes et deux euros pour laver la carrosserie aux rouleaux.
Je lui demande simplement de m'amener où je le souhaite, avec Petit Prince et Petite Princesse, et d'ouvrir grand son coffre pour y fourrer tout ce que je veux et ce que j'y oublie. Déjà, la nettoyer est exceptionnel. Mais quand en plus elle refuse de démarrer comme ce matin, la batterie naze, ça agace mes nerfs.
Tout mon beau planning de la journée, rendez-vous, courses, boulot, tombe à l'eau à cause d'une satanée machine à laquelle je ne demande rien d'autre qu'à mon lave-vaisselle : de marcher quand j'appuie sur le bouton ou quand je tourne la clef. Point.
Cette belle mécanique m'a coûté près de trois voyages à Venise en moins d'un mois, et franchement, si choix il y avait, il serait vite fait. Mais choix il y a pas.

Des fois, j'ai envie d'en rester à l'essentiel, et il n'y a rien de mieux qu'une bonne vieille Fiat (faut savoir limiter les bagages).



Ou alors, de tout mettre en vente sur eBay, de rendre les clefs de cet appartement dans lequel résonne le silence et le seul cliquetis des touches (je crois que je viens de comprendre pourquoi je fais autant de bruit avec mon clavier : c'est pour meubler ce silence assourdissant), de charger un bon vieux Combi, et de partir avec les Trolls. Qui qui veut venir avec nous ?



Comme tous les mercredi midi, Petit Prince est venu déjeuner avec son Pôpa à midi. Il prend son envol, l'oiseau. Il découvre seul, m'a initié en quelques minutes à MSN, que je ne connaissais pas. Même que maintenant, il met ses vidéos de vacances avec son copain sur YouTube. Il m'épate, mon fiston.
Sauf qu'il sait en profiter, l'animal, parce qu'il sait qu'avec moi, les pétards, c'est Niet. Nein. No. Nada. J'aime pas.

mardi 4 mars 2008

Il faut savoir partir

Je vais devoir débaptiser ce blog pour l'appeler "Une parfois". Il y a tellement longtemps que je ne suis pas passé par ici. Deux longues semaines, sans compter que cette année, il y avait un 29 février.

Mais il faut savoir partir, un peu comme Denis Gautier-Savagnac, avec ses valises (chargées), son carnet d'adresses bien rempli (je l'avais laissé à la maison), et je vous raconte pas le portefeuille, lourd comme un magot de pirate dirait Bénabar. Pas de parachute doré, d'indemnités de départ. Ironie du calendrier, des négociations ont lieu aujourd'hui au Médef sur... la pénibilité au travail. C'est pénible de remplir des enveloppes ? J'arrête là.



Episode 1 : une semaine de soleil (ah, si, il y a eu un nuage, regardez la photo), de neige et de ski avec Petit Prince et Petite Princesse qui sont rentrés bronzés et médaillés comme des maréchaux soviétiques sur la Place Rouge un jour de défilé du 1er mai. C'est qu'un ourson et deux étoiles, c'est pas rien.
Merci à C. et J.L. avec qui cette semaine fut partagée et qui ont supporté notre trio tout ce temps, pour les tournois de qarum, les whisky-coca et tournois de bière.
J'ai retrouvé R., mon dernier ami d'enfance, et même ma maîtresse de CE1, occasion pour Petit Prince de vouloir en apprendre sur l'élève que j'étais alors. Il faut dire que c'est si loin, que je n'en ai pas de souvenirs.


Vallée d'Ailefroide, Vallouise


Portail de l'église de Vallouise

Episode 2 : une semaine à Venise dans le brouillard. Le pilote avait prévenu durant le vol, mais il n'avait pas dit que ça durerait une semaine. Venise en février, c'est froid, c'est humide, mais c'est beau, il faut bien le dire. D'expos en musées (pour ceux qui dirigeraient leurs pas vers la Sérénissime, ne loupez surtout pas l'exposition "Rome et les Barbares" au Palazzo Grassi, pour la qualité des pièces présentées, et surtout pour l'éclairage vraiment extraordinaire des sculptures).









Et il faut aussi savoir rentrer, et depuis dimanche soir, c'est boulot, boulot et journées trop courtes.