vendredi 30 mai 2008

Louis XVI au peloton d'exécution




J'avoue que la question m'a d'abord surpris, puis j'ai compris ensuite où il voulait en venir.
Dernièrement, alors que je venais d'expliquer que le dernier roi de France avait été décapité en 1793, un élève de 5e lève la main et m'interpelle.
- Monsieur, j'ai besoin de savoir. Est-ce que Louis XVI a été tué avec une mitraillette ?
Bon, digne produit de l'université et de la société des Agrégés, j'ai répondu que non, que ce n'était pas possible, l'un et l'autre ayant fréquenté des espaces-temps par trop différents et éloignés pour s'être rencontrés, fut-ce au dernier jour de cet illustre Bourbon.
Puis j'ai compris où il voulait en venir. C'est que pour lui, 1793 ne signifiait rien. Mais rien de rien. Il avait besoin d'un autre repère qui lui soit signifiant : la mitraillette.
Mais il avait compris la démarche historique et le déroulement linéaire du temps : Louis XVI est mort avant l'invention de la mitraillette.
Et il a appris quelque chose qui pour lui a du sens.
Il est pas chouette, ce métier ?

Pour le reste, je lis que je me sens fort, irréprochable, sans défauts. Pourtant, je l'ai écrit, Superman ne décolle plus, il a la vie qui lui colle aux semelles. Du plomb. Son costume craque sous le poids de la bouée et des poignées d'amour.
J'en ai trop entendu, de reproches, de défauts, de non-dits qui le sont maintenant, lourds, pour que je ne me sente autrement que moche, quelconque, sans intérêt et surtout incapable d'être autrement que méchant. Vieux avant l'heure, bien avant l'heure. Avec en plus l'obligation de vivre en célibataire, de me voir en célibataire. Silence. Distance. Absence. Les faits sont là. Pour toute réponse à une éventuelle question. Plus rien ni personne à attendre.
Super. On se sent grand, les chevilles hypertrophiées, sûrement. Les spameurs ne s'y trompent pas : ce ne sont que pills, pilules, pharmacy, Xanax et Viagra, en veux-tu en voilà. Les couleurs de la vie ?

Pour le reste, je mets beaucoup d'auto-dérision dans ce que j'écris ici. Sur moi. Beaucoup. C'est peut-être ce qui sauve, de ne pas se sentir trop grand.

jeudi 29 mai 2008

Recuerdo


L'un des deux mots que j'ai appris d'espagnol. Ca, et demander une chambre avec lit "matrimonial". Et p…, Sarragosse, c'était beau, et quelque chose. La suite d'un début, et quel élan ensuite.

Journée taf qui rend paf, toujours la gestion de ma classe, à éponger, faire tampon, temporiser. Les collègues qui craquent. Deux en deux jours, ça commence à faire. Je dois un peu être destiné à ça, prendre, absorber, faire l'éponge, la médiation. Maintenant, c'est aussi faire tampon entre les collègues et l'administration. Mais j'y trouve mon compte. Si Dieu m'a fait (merci, mon Dieu, mais si j'avais eu le choix, j'aurais bien pris aussi un torse de rugbyman, des abdos en tablettes de chocolat, ah, puis le pédoncule masculin, là, tu me mettras du XXL, s'il te plaît, un peu plus de confiance en moi aussi, un peu moins de discrétion, une sensibilité d'équarisseur, enfin tout ce qui fait qu'une femme puisse craquer et rester, mais bon, je sais, tu as fait avec ce que tu avais ou ce qui restait, mais n'empêche), donc si Dieu m'a fait, j'y reviens, c'est certainement pour ça : pour porter les Autres.
Le pire, c'est que je n'ai aucun souci avec eux. Ou très peu. Nous sommes deux dans ce cas. Mais ils se rattrapent vraiment ailleurs.
Spectacle de l'école de Petite Princesse ce soir, ce qui est pratique, c'est que faute de place dans la salle des fêtes, il y a deux représentations. Une pour les mamans, une pour les papas. Ca simplifie les choses. Mc Do en duo avant, moment doux et rare, en terrasse et sous le soleil en plus, rare parce que Petite Prince et elle sont rarement séparés. J'avais hésité à inviter ses copines, mais je préférais passer ce moment seul avec ma gonzesse. Je me délecte de la voir grandir, prendre de l'assurance. On a nourri les moineaux de nos frites, comme deux gosses.
On recommencera en fin d'année, parce qu'en bon collégien qu'il est maintenant, Petit Prince a déjà planifié la fin de SES cours et le début de SES vacances. P'tit con.
Le veinard.

mercredi 28 mai 2008

L'art de la formule


D'abord, un scoop. Le répétez pas, mais le Petit Nicolas est revenu. Si ! Mais personne le sait, hein, alors faut pas le dire, ça pourrait attirer la télé, les radios, les journaux…
N'empêche, Carla croyait avoir un peu la paix, ben même pas. Hier matin, dès potron-minet, il l'a traînée à Rungis à la rencontre de "la France qui se lève tôt" (sic). Giscard, lui, il invitait les éboueurs à prendre un croissant.

Puis il s'est soucié du prix du gasoil pour "la France qui sent le poisson".
Puis de "la France qui travaille", même qu'il a dit non à la remise en cause des 35 heures.
Puis de "la France qui a travaillé", puisqu'il a dit non à la retraite à 63 ans.
Puis de "la France qui va chez Lidl" à propos du pouvoir d'achat.
Puis de "la France en kaki" puisqu'il a dit qu'il ne savait pas encore pour un deuxième porte-avions nucléaire.
Puis de "la France qu'elle a des enfants" à propos du service minimum les jours de grève.
Puis de "la France qui se gratte la tête", mais s'il ne s'est pas joint au cortège des chercheurs qui manifestaient, c'est juste à cause de la météo.

Et aujourd'hui, alors ?
Il y aura peut-être "la France moins blanc que blanc", celle des sans-papiers.
Puis il y aura "la France des caravanes", après l'affaire de Draguignan.
Puis il y aura "la France de la contrefaçon" à cause de sa plainte à propos de T-shirts qu'il n'a pas appréciés.
Puis il y aura Carla qui le traînera aux Bains-Douches à la rencontre de "la France qui se couche tard". Bon, d'accord, il connaît déjà un peu le dossier, mais quand même.
Puis il ira voir les enseignants pour rencontrer "la France qui fout rien".
Puis il y aura "la France qui se mouche", parce que c'est la saison du rhume des foins.
Puis il ira voir "la France qui monte" et le projet de gratte-ciel de Jean Nouvel.
Puis il y aura "la France des réseaux de copains" et il ira visiter Marchiani à la Santé.
Puis en maison de retraite pour rencontrer "la France qui tremblotte".
Puis à l'ANPE rencontrer "la France des deux fois sinon rien".
Puis récupérer son Kärcher en banlieue dans "la France des branleurs à casquettes".
Et il finira la journée avec "la France du pouvoir d'achat", les grands patrons du CAC 40.

La France. Cher pays de mon enfance.
Si diverse, mais unie derrière son président.

Puisqu'on est dans les coups de gueule, signez (enfin, bon, si vous voulez) la pétition de Greenpeace contre les OGM.

Allez vous balader dans la bibliothèque (virtuelle) du Sénat. Champagne à celui ou celle qui me dit où se cache De Gaulle.

mardi 27 mai 2008

Quand Léonard de Vinci a inventé la PlayStation

Bon, c'est le bordel dans ma vie, c'est le bordel dans mon chez moi, vous pourrez bien m'accorder un peu de bordel sur mon blog, silyoupli. Non ? si !
Donc, deuxième commentaire aujourd'hui. En plus, les photos ne sont pas de moi. Donc…

Parce qu'il y a dans ce boulot de purs moments de bonheur que l'on attend avec délectation. Comme… faire comprendre la peinture de la Renaissance à des élèves de 5e.
Si, si.
D'abord, on prend "Le couronnement de la Vierge" de Raphaël. Bon, jusque là, ils ne sont pas franchement captivés. Puis, en croisant avec un texte de Léonard de Vinci, on essaie de voir comment Raphaël donne l'illusion de profondeur :
- les grands devant, les petits derrière, c'est le contraire de la chanson de Bénébar.
- plus de détails au premier plan, moins à l'arrière-plan
- les éléments sombres devant, la lumière au fond.

Là, on compare avec le tableau du Pérugin, on cherche comment Raphaël a triché pour guider notre regard vers le centre et la lumière. Alternance des deux, longue, répétitive. Rien. Ils ne voient pas. Rien.

- il a tout simplement ouvert la porte de l'église, l'animal.

A ce moment là, souvent, même les plus réfractaires ont accroché. On passe au jeu des couleurs des trois personnages centraux : couleurs complémentaires (jaune-bleu, bleu-rouge), opposées (jaune-vert) et chaudes-froides.

Puis, encore, comment il a fait pour donner de la profondeur ? Là, en général, il y en a au moins un(e) qui repère le pavement au sol. On trace la ligne d'horizon, les lignes de fuite, la porte de l'église comme point de fuite. Puis on éteint le vidéoprojecteur ou le rétroprojecteur. Ne restent que les lignes au tableau. Et là, je leur annonce que je vais leur démontrer que leur PlayStation a été inventée à la Renaissance.
Des pointillés sur les lignes de fuite. Si je les anime, ça donne un jeu de course de voiture. Même que je peux renforcer l'illusion en rajoutant un arbre dont la taille va grossir.
Tourner à droit ? Aucun souci, je déplace le point de fuite.
Freiner ? Je ralentis l'animation.
Un simulateur de vol ? Rien de plus simple, je ne garde que la ligne d'horizon. Le long des lignes de fuite, je fais défiler des nuages, des Spoutniks, des météorites, n'importe quoi pourvu que ça vole et que ça grossisse en se rapprochant des bords de l'écran.
Et pour donner l'illusion que je m'élève ? Rien de plus simple, je fais descendre la ligne d'horizon. Qui monte pour donner l'illusion que je descends, qui devient diagonale pour donner l'illusion que je tourne.

Bon, je ne sais pas si la Vierge ou Raphaël auraient apprécié, mais ça marche. A tous les coups. Il y en a même qui disent merci.

Life, far, far away from keyboard


Du boulot loin de chez moi, mais je n'ai rien à y faire, pas d'enfants, pas de téléphone ni d'ordinateur à attendre, pas de réseaux activés malgré ce qui a pu être dit, je passe à l'élevage des moutons pour cause de grève d'aspirateur, Ebay qui bogue pour les dernières mises en vente (ben oui, j'arrête aussi, mais il faut faire le vide, et si vous êtes amateurs d'antiquités romaines, c'est maintenant ou jamais, on liquide, on brade), une déco à revoir, un jour. Dès que j'ai le temps, je vous fais une liste des DVD à ne surtout pas acheter. Ca peut toujours servir, compte-tenu de la hausse du prix de l'essence, de faire des économies. Ce qui n'est pas mal, en cas de nuit blanche, c'est de regarder "24 heures chrono" en temps réel. Si on s'organise bien, le temps d'une clope, il est effectivement 3 heures du matin quand la voix off annonce "Ces évènements se déroulent entre 3h et 4h du matin". La voix off oublie de rappeler que le réveil sonne à 7. Et de se rendre compte que Jack Bauer a eu le temps de se raser et a déjà perdu ses cernes et son accoutumance à l'héro. Trop fort, ce mec.
Quelques retours timides d'éditeurs scolaires sollicités pour travailler avec eux, les nouveaux programmes se profilent.
Toujours beaucoup de taf avec des élèves en deshérence complète, cinq de la même classe qui ont un problème relationnel plus que difficile avec le père. Quand la justice ne peut rien, l'école n'y peut pas grand chose. Alors j'essaie de les bichonner, de faire tampon avec des collègues parfois encore plus paumés que moi face à ces situations.
Sans donner de détails, c'est Zola au XXIe siècle en milieu péri-urbain. On devrait déjà interdire le divorce.
Déjà que j'hésite fortement ces jours derniers entre misanthrope et homo ;-)

J'ai commencé ce week-end "Cessez d'être gentil, soyez vrai !", un de ces bouquins où on se dit à chaque page "mais oui, mais c'est bien sûr, c'est tout moi, ça !". Et faut faire ci, et faut faire comme ça, on le lit une fois, on se dit qu'on prendra des notes à la lecture suivante. Jusqu'au jour où on se dira à quoi bon. Et puis m…, si je suis gentil, et pas méchant, sensible, émotif, serviable, à l'écoute, aux petits soins pour ceux que j'aime, ça fait quoi ? Il faut que je lutte contre ça ? Ou il faudrait que je sois une femme pour être ça ? homo ? et vivre comme ça ?

La souffrance fait déraisonner, souffle des mots qui ne sont pas raison. Il faut garder à distance les mots-maux lus, entendus, qui font mal tant ils peuvent être destructeurs. La vie ressemble à un atterrissage à Venise en plein brouillard de février, visibilité nulle, on passe au pilote automatique. Pas de main à serrer en cas de crash. Il faut s'interdire d'espérer, gérer le froid des os et le quotidien qui n'a d'autre sens que l'enchaînement des jours. Pour la première fois de ma vie, je crois, je n'attends pas les vacances. Oublier que cette purée de poix masque la place Saint-Marc et le Rialto. Parce que vacances, week-end, sorties, avaient un nom, une présence, une prestance, un parfum. Je pourrais bien en acheter un flacon, un bidon, de ce parfum, que ça n'y changerait rien. Pour bien faire, j'ai regardé hier soir "A la folie, pas du tout", avec Audrey Tautou dans son rôle, son personnage, de jeune fille benoîte et heureuse, toujours le même, mais mythomane et érotomane. Qui vit une autre vie dans sa tête. Et franchement, j'ai pas envie, pas envie du tout, de sombrer, dans l'espoir et la mythomanie. Le plus difficile, c'est bien encore de s'interdire l'espoir. De s'efforcer de désespérer. Un comble.
La vie ressemble à un tableau de Gustave Moreau, une jeune fille flottant entre deux eaux aux couleurs sombres et indéfinies, les yeux fermés, sans que l'on sache si elle dort ou si la vie l'a déjà abandonnée, ni même si la robe qui lui colle au corps est celle du désir ou d'un linceul, si les fleurs parmi lesquelles elle baigne la bercent ou l'accompagnent dans sa dernière dérive.

Depuis des jours, bientôt des lunes, parce qu'il faut les vider, les essorer de leur magie, des contextes, des instants, des lieux, des espaces et des espaces-temps, mes photos ne sont même plus belles, je ne dois plus écrire ici pour personne, et j'ai encore moins à dire. De moins en moins envie. Trop de mots épidermiques. Trop de mots sales quand les sentiments peuvent être si beaux.

Spiderman ne vole plus, il a la vie qui lui colle aux semelles.

Ah si, vous avez vu, l'invasion américaine de l'Irak aurait coûté 3.000 milliards de dollars. Une paille, quand même.
Ca fait peur, quand on pense à ce qu'aurait pu financer cet argent.

dimanche 25 mai 2008

Cinq idées pour enterrer son homme/sa femme

1. Mettre en doute sont intégrité morale
2. Mettre en doute son intégrité mentale
3. Mettre en doute ce qu'il/elle pensait vous apporter
4. Mettre en doute sa féminité/sa virilité
5. Chercher à s'en dégoûter par tous les moyens et le lui dire



Pour un chien, attendez qu'il attaque les enfants des voisins.
Déjà 25 jours de mai, 25 messages, voilà, je suis à jour.

Impressions, Collioure


Faux sourires, faux fou-rires, faux désirs, faux soupirs, fausse pizza, faux bonheurs, faux voyages, faux cadeaux, faux serments ? Tout faux ?
Refus d'y croire. Et pourtant qui croire ? quoi croire ?
La fatigue. L'inquiétude. L'écoute donnée.

samedi 24 mai 2008

La vie zen - Dernière leçon


Dernière leçon : ne plus écouter aucun reproche ni aucune accusation pour ne plus se laisser détruire.

vendredi 23 mai 2008

La vie zen n°4 : ne pas en faire une affaire personnelle

Retrouver les vivants


Statuette des Cyclades, Athènes.

"Un morceau de visage surgissait du sol, un œil, un nez de marbre, une tête casquée dont le ruissellement des averses avait fait fondre les traits, les réduisant à une ébauche adoucie, dont les courbes paraissaient presque molles."
Serge Brussolo, "Hurlemort".

Il n'y a certainement aucun bonheur parfait. Mieux vaut vivre un bonheur imparfait et incomplet que d'enfermer sous la cloche du silence et des souvenirs un bonheur intense et de le laisser se décolorer et s'évaporer.

jeudi 22 mai 2008

La vie zen n°3 : accepter de changer la couleur des yeux


Se trouver beau, un jour, dans d'autres yeux, alors qu'on sait quel regard unique on veut croiser. Qu'importent ceux qui un jour ou l'autre t'ont dit "mais t'es un mec bien", ou un chic type, ou un mec super. Seuls deux yeux de noisette en avaient le don. Même dans l'excès de fatigue.

Mon passé avait pour présent la douceur et pour avenir la menace. Mon présent a pour présent le désert et pour avenir l'inconnu. Mon avenir aura pour passé l'expérience et pour présent la méfiance. L'avenir de mon avenir ne m'intéresse pas plus que le passé de mon passé.
Raphaële Vidaling, "La femme quittée", Grasset.

Je sais, je suis trop sensible. Mais c'est une question d'échelle, de curseur. Et c'est aussi ce qui me fait moi. Ce qui fait mon charme.

La vie zen n°2 : oublier



Oublier tout ce beau, sourires et fous-rires, découvertes et partages, temps longs et instants. Une balançoire à Athènes. Un bar à tapas à Bilbao. Des projets de travail ébauchés ou partagés. Des marches descendues sous un soleil de mai. Un canapé au coin du feu.
Conjuguer le verbe être au passé quand on a le silence et le rejet pour toute réponse.
Ca a été. Nous avons été.
Oublier qu'au delà des soucis, de la fatigue, ça allait bien, ça allait de mieux en mieux. Du moins je le croyais. Je le disais.
Oublier pour ne pas sombrer dans la nostalgie, de ce qui a été, mais aussi de ce qu'on devenait. Du moins je le croyais.
Oublier, pour que ce temps vécu ne soit pas du temps perdu. Il ne se rattrape jamais.
Oublier, parce qu'il y a toujours du négatif.
Mais qu'il ne doit pas l'emporter sur le beau.


Sinon ? Super allergie depuis hier soir, le nez en trompette, ça doit être un moyen de partager, c'est la première fois que j'en ai. Merci pollens et tonton Freud.

mercredi 21 mai 2008

La vie zen n°1 : se laisser porter sans rien attendre



La vie zen, c'est aussi "Avicenne ou la route d'Ispahan", un petit bijou, le meilleur roman de Gilbert Sinoué.
La vie zen, c'est déjà terminer la déclaration de revenus : salaires, marié, divorcé, pension ou pas pension, Big Brother sait tout. Sauf que j'ai déménagé. Sauf que j'ai Petite Princesse et Petit Prince.

mardi 20 mai 2008

La haine attendra encore longtemps



Tout depuis hier est irréel, déconnecté, hors-temps et hors-champs.
Il n'y a pas de haine. Aimer est beaucoup plus doux. Parce qu'on ne passe pas si facilement de l'amour à la haine. Juste un profond sentiment de dégoût et de gâchis, une immense rancœur d'avoir été floué et privé des fruits de notre histoire quand je nous croyais dans le beau et le solide et que tout peut-être balayé d'un revers de main.
Juste l'immense amertume des larmes versées ces 16 derniers mois, plus que jamais dans le reste de ma vie, des efforts déployés et assumés pour quitter le costume de coupable dont on m'avait revêtu et tenter de construire autre chose. Avec. La nausée face à ce bonheur que je croyais vrai, profond, réel.
Piétiné aujourd'hui.

On raccroche. On tourne la page. Vers des vents meilleurs.

Rose, "Saisons"
J'ai laissé ouvertes mes persiennes
Les voies ressemblaient à la sienne
J'ai cru mille fois qu'il revenait
Et j'ai laissé passer l'été
J'ai laissé passer l'été

J'ai voulu retrouver son corps
Et je l'ai eu sans un effort
J'ai foutu ma vie en guerre
Et j'ai laissé filler l'hiver
J'ai laissé filler l'hiver

Personne à l'horizon
Personne sous mon balcon
L'espoir fait mourir parfois
Vois-tu ce qu'il a fait de moi
Vois-tu ce qu'il a fait de moi

J'suis restée prostrée dans le noir
J'ai chialé pour qu'il vienne me voir
J'ai été jusqu'à faire l'aumône
Et j'ai laissé mourir l'automne
J'ai laissé mourir l'automne

Ma douleur crevait les cieux
Je n'ai plus voulu croire en Dieu
Point de héros ni prince charmant
J'ai laissé pleurer le printemps
Laissé pleurer le printemps

Personne à l'horizon
Personne sous mon balcon
L'espoir fait mourir parfois
Vois-tu ce qu'il a fait de moi
J'ai laissé ouverte mes persiennes
Mes voies ressemblaient à la sienne
J'ai cru mille fois qu'il revenait
Et j'ai laissé passer l'été
J'ai laissé passer l'été

J'ai voulu retrouver son corps
Et je l'ai eu sans un effort
J'ai foutu ma vie en l'air
Et j'ai laissé filler l'hiver
J'ai laissé filler l'hiver

Personne à l'horizon
Personne sous mon balcon
L'espoir fait mourir parfois
Vois-tu ce qu'il a fait de moi
Vois-tu ce qu'il a fait de moi

J'suis restée prostrée dans le noir
J'ai chialé pour qu'il vienne me voir
J'ai été jusqu'à faire l'aumône
Et j'ai laissé mourir l'automne
J'ai laissé mourir l'automne

Ma douleur crevait les cieux
Je n'ai plus voulu croire en Dieu
Point de héros ni prince charmant
J'ai laissé pleurer le printemps
Laissé pleurer le printemps

Personne à l'horizon
Personne sous mon balcon
L'espoir fait mourir parfois
Vois-tu ce qu'il a fait de moi
Vois-tu ce qu'il a fait de moi
Vois-tu ce qu'il a fait de moi

lundi 19 mai 2008

Ex-voto du désir


Moral en ciel de traîne. On me réclame un solde de tout compte pour trois ans et plus d'amour et d'espoir donnés.
Le dernier m'a coûté deux mois de salaire. J'ai payé la piscine de mon avocate. Sans broncher.
Y avait de quoi y croire. Faudra arriver à en rire, plus tard.

Rien de plus, par décence. Par dégoût. Parce qu'on me rend ce j'ai donné.

Rionzunpeu avec l'horoscope du jour ;-)

"Journée idéale pour l'amour sous l'égide de Hong Loan, la bonne planète au nom de "phénix rose". Vous vous sentirez en parfaite harmonie avec celui qui a toute votre estime. Votre vie affective va trouver ou retrouver son parfait équilibre aujourd'hui, à condition toutefois que vous y mettiez un peu du vôtre."
Putain, t'es où, Hong Loan ?

jeudi 15 mai 2008

Une fois l'an



"Te souviens-tu de la première porte que tu as passée ? Etait-ce dans les bras de ta mère ? ceux de la sage-femme ? Tu ne t'en souviens qu'en songe, et sous un voile, peut-être. Ta mère fut la première porte. (…)
On pourrait écrire l'histoire de ta vie, de toute ta vie, en prenant pour fil d'Ariane, du premier jour au dernier, la succession des portes dont tu as fait l'expérience, souvent distrait."
Claude-Henri Rocquet, préface au livre "Portes du monde", éditions Le Moniteur.

mercredi 14 mai 2008

En équilibre au milieu du monde

Journaux et radios enchaînent les bilans. Ce qui se passe actuellement en Birmanie ou en Chine nous rappelle combien certaines frontières peuvent être prégnantes. "On ne passe pas".
Lignes de couleurs sur une carte, lignes de fracture dans l'espace des hommes. La découverte de l'Afrique a été achevée lorsque Français et Anglais se sont mis d'accord sur la couleur du drapeau qui flotterait sur les sources du Nil à Fachoda en 1904.
Lignes acceptées, respectées, même la communauté internationale se refuse à les transgresser. Ce serait créer un précédent trop grave, quand elle s'efforce de les faire observer ailleurs ou des les dessiner pour faire taire certains conflits comme en ex-Yougoslavie ou au Moyen-Orient. Voyez ou revoyez Babel, le film de Alejandro González Iñárritu. Une bonne partie de l'équilibre (relatif !) de notre monde repose là-dessus. L'acceptation des frontières.
Pour Michel Foucher, géographe, leur effacement est la forme ultime de leur acceptation quasi-intangible.
Nos grands-parents étaient bien loin d'imaginer un jour franchir sans contrôle, aujourd'hui même sans ralentir, la frontière franco-allemande. Au prix du renforcement d'autres frontières. Le centre d'accueil et de transit de Sangatte aujourd'hui fermé, les campements sauvages autour de Calais marquent les limites de l'espace Shengen. Parce qu'il y a encore des frontières. En ouvrir certaines, c'est en fermer d'autres. Dans l'Europe des 27, ce ne sont plus les frontaliers Polonais qui travaillent en Allemagne, mais les Ukrainiens qui tentent leur chance en Pologne.
Parce que les frontières actuelles, ces lignes de couleurs, sont aussi, et peut-être d'abord, des talus économiques, différentiels entre riches et pauvres.



Marc Augé, dont je vous entretenais dernièrement (vous m'arrêtez quand ça vous gave, hein !) rappelle que les non-lieux sont toujours, malgré tout, inscrits dans un mode de fonctionnement culturel et fractionnement institué de l'espace.
"Lorsqu'un vol international survole l'Arabie Saoudite, l'hôtesse annonce que pendant la durée de ce survol la consommation d'alcool sera interdite dans l'avion."

Ce qui me fait penser à l'une des plus belles chansons de Jeanne Cherhal. A voir et à écouter, même en très mauvaise qualité.
Cliquez ici pour en retrouver les paroles.

En d'autres temps, la frontière a été marge, glacis, marche, espace vide et dépeuplé, occupé de garnisons dispersées. C'est la frontière de Julien Gracq dans le Rivage des Syrtes. Un espace vide promesse de l'inconnu, de la rencontre de l'Autre. L'horizon vide de l'attente et horizon d'attente.


Bon, me voilà bien sérieux aujourd'hui. Pourtant, vous savez que les prof's travaillent peu, et même qu'ils le montreront encore demain en faisant grève. Sérieux, le gouvernement annonce un plan de 60.000 suppressions de postes à l'Education nationale. Travailler plus pour gagner plus, je comprends à peu près. Mais ne plus travailler, ça gagne quoi ?
Donc, entre deux siestes en salle des prof's, deux ponts calendaires et deux grèves, les prof's d'histoire-géo sont actuellement consultés sur les programmes prévus pour la rentrée 2010. Voyez, on sent peut-être la poussière, mais on se projette. Enfin on essaie.



Si ces programmes sont appliqués en l'état, ce sera déjà un bon dépoussiérage de l'enseignement de la géographie et la mise en place de problématiques (toc, clin d'œil à une autre prof' ici) qui devraient pouvoir intéresser davantage les élèves.
Par contre, ce qui me gêne, rapport à ces questions de frontières culturelles et à ce que j'écrivais récemment (voir et ) c'est la disparition de la notion de civilisation dans l'étude de l'histoire antique et médiévale. On passerait ainsi de l'étude de la civilisation musulmane, avec ses apports dans de nombreux domaines au Moyen-Age, ses échanges avec les autres civilisations méditerranéennes et orientales, à l'étude de la seule naissance de l'Islam. Exit donc la civilisation pour n'en rester qu'à la religion.
Ma récré (c'est vous) est terminée, je retourne bosser.
Puisque je crois avoir causé éducation et frontières, à vos tablettes, notez que le 13 juin à partir de 19 heures est organisé au Bikini un concert de soutien à RESEAU EDUCATION SANS FRONTIERES avec Les Wriggles, Guizmo ( Tryo) & Désert Rebel, Les Bijoux de Famille, Estéla dou Coqe & claude Sicre, Kebous ( Les Hurlements d'Léo), Les Ptits T'hommes…
Billets en vente à la Cimade, 3 rue Orient, 31000 Toulouse, au prix de 12 euros, les Mardi et Mercredi de 14H à 18H (code d'accès 3842)

Photos : irrigation dans la vallée du Tage, Portugal (sorry, je ne suis pas responsable de la propreté du hublot ;-)
La seconde est prise dans les Pyrénées à Sentein. C'est un clin d'œil aux pyrénéages de Calliope et à X… qui avait fait la même il y a… cinq ans. Certains lieux sont immuables.

mardi 13 mai 2008

Un mal qui se porte toujours bien


Je ne sais pas à partir de quelle heure on est insomniaque. Ni livres, ni DVD n'y font rien. Dur.
Alors j'anticipe sur la dure journée qui n'est déjà plus demain, je prépare mon post du jour.

Un mur peint découvert à Marseille, beau, monumental, une jeune fille qui se regarde dans son miroir,
puis le texte qui l'accompagne, si beau et si dur.

J'ai toujours rêvé d'être actrice


Et puis un jour, c'est arrivé…


Dans deux jours, c'est mon anniv', si, si, vous savez, le jour où il faut absolument éviter de faire le bilan de sa vie.

;-)

mercredi 7 mai 2008

Prémisses



C'est à la Ferrassie en Dordogne, qu'a été retrouvée l'une des premières collections de curiosités naturelles, collectée entre 40.000 et 25.000 avant notre ère par des Néandertaliens. Elle comptait deux fossiles et un minéral. Associée à l'inhumation des morts, elle est le signe d'une pensée symbolique affranchie d'une réalité animale.
Aucune trace de peinture pariétale n'y fût retrouvée, mais plusieurs pierres gravées de signes associés à une symbolique féminine y furent découvertes.

Depuis, certains accumulent et remplissent leur espace d'objets les plus divers et variés, leur disque dur de milliers de photos.

Nature morte aux asperges, vitrine à Venise.
J'ai souvent envie de prendre des cours de dessin et de peinture. Encore plus face à ce genre de tableau.

mardi 6 mai 2008

Tendre (parenthèse)



Ce week-end, Petite Princesse et Petit-Prince ont regardé La Guerre du Feu de Jean-Jacques Annaud, une vieille cassette que je n'avais pas regardée depuis une vingtaine d'années. Comme je le craignais, Petite Princesse a été marquée par certaines scènes et en a fait des cauchemars.
Ils ont repéré le refus de l'anthropophagie, l'apprentissage du rire, de la technique du propulseur. La place du feu.

Mais ont-ils vu la naissance de l'amour, thème essentiel du film ? Pas certain.
L'amour, acte copulatoire et reproducteur, violent, transitoire et anonyme, qui devient progressivement don, échange et partage. Les ourses protègent leurs petits des mâles qui les tuent pour qu'elles soient à nouveau en chaleur. Transition, du besoin au désir, du gène aux sentiments.
L'amour qui naît dans l'identification de l'individu, du couple, l'échange des regards, la fidélité (Elle, puisqu'ils n'ont pas de nom, qui Le suit et abandonne sa tribu quand il s'enfuit), l'érotisme des gestes de tendresse dont la finalité n'est plus la reproduction, la jalousie, l'acte d'amour en face-à-face et la découverte du corps de l'Autre, les corps qui s'attirent et se réclament, l'ardent velours des yeux qui désirent, la tristesse qui les envahit.
L'Homme a appris de la Femme.
Je ne sais pas s'ils ont vu tout ça. J'espère qu'ils en garderont des images. Qu'ils vivront l'amour.

lundi 5 mai 2008

Le souffle d'une ombre



Je voulais poster une photo sépia. Ca aurait eu du sens. Mais je n'ai pas eu le courage de fouiller pour en trouver une. Le jour sera ocre.
Il y a des questions dont on a déjà la réponse. Evidente. Il faut vivre avec.
Parfois, on repose la question.
Pas par acharnement.
Parce qu'on aimerait une autre réponse. Ca s'appelle l'espoir. Refuser le renoncement.

Il y a des questions sans réponse :
Le manuel d'utilisation de mon dernier appareil photo : 205 pages
"J'élève mon enfant" de Régine Pernoud : 498 pages
"Qui sont ces couples heureux ?" de Yvon Dallaire : 305 pages

C'est si difficile, de faire une photo ? Ou c'est le reste qui est simple ? J'ai dû louper quelques chose. Quelqu'un peut m'expliquer ?

Bon anniversaire à ceux qui sont nés hier, surtout si vous êtes mon frère.

dimanche 4 mai 2008

Le Nom de la Rose, bientôt une suite ?


Souvenez vous, dans le roman d’Umberto Eco, popularisé par le film de Jean-Jacques Annaud, toute l’intrigue tourne autour de la possession et de la lecture d’un livre, le Tome II de la Poétique d’Aristote, concernant le rire, et de la question de savoir s’il fait de l’Homme un Homme ou un animal.

Un gros débat traverse actuellement le microcosme des historiens médiévistes et des philosophes à propos du livre de Sylvain Gouguenheim intitulé Aristote au Mont- Saint-Michel. Les racines grecques de l’Europe chrétienne et publié aux éditions du Seuil. Ce n’est pas seulement une querelle de clochers, mais aussi de coupoles et… de minarets, avec pétition à la clef, articles dans la presse quotidienne et synthèse très sérieuse sur le blog de Pierre Assouline.
En effet, il est communément admis par la communauté scientifique que les écrits d’Aristote seraient parvenus en Occident par l’intermédiaire des musulmans qui les auraient traduits du Grec, donnant un rôle important à Avicenne et Averroès, avant qu’ils ne soient à nouveau traduits de l’arabe au latin, notamment à Tolède (clin d’œil, mais c’est private joke) par des traducteurs par ailleurs souvent eux-même juifs. Vous suivez toujours ?
Or, l’auteur s’efforce ici de démontrer que la transmission des écrits d’Aristote se serait faite directement du monde grec au monde latin par l’intermédiaire notamment de l’Abbaye du Mont-Saint-Michel, court-circuitant ainsi tout rôle de médiation du monde musulman dans ce domaine. Et alors, me direz-vous ?
D’un point de vue scientifique, la démarche, les limites chronologiques de l’étude et l’argumentation semblent largement contestables. Mais surtout, la presse grand public et certains sites extrémistes la relaient largement. Enfin, l’auteur enseigne à Normale Sup’ à Lyon, et son livre est publié dans la collection l’Univers Historique au Seuil, l’une des deux collections de référence avec les Bibliothèque des Histoires chez Gallimard.
Demain, on pourra toujours démontrer que notre système algébrique trouve directement ses racines dans le monde indien par l’intermédiaire de Vasco de Gama et arrêter de parler de chiffres arabes. Que c’est Marco Polo qui nous a ramené la boussole et l’astrolabe de Chine.
C’est vrai que dans un pays qui se dote d’un ministère de l’immigration dont les objectifs sont de plusieurs dizaines de milliers d’expulsions par an et qui légalise les travailleurs sans-papiers trois par trois, et pour trois mois, la diffusion de ce genre de thèse est certainement sans conséquences. On peut faire confiance à l’esprit critique de l’opinion publique.
Tiens, pour finir, une nouvelle heureuse et fort heureusement très amusante. Le Pen n’arrive pas à vendre sa Peugeot 605 blindée sur Ebay, il y a des petits plaisantins (sûrement de étrangers basanés ;-) qui s’amusent à torpiller les enchères en surenchérissant en permanence. Le compteur a déjà été remis à zéro plusieurs fois et l'annonce a carrément été supprimée.
Bon, sinon, le Borgne a vu le film Les Chtis et ne l’a pas trouvé bon, plutôt anti-français.
Je l’ai vu dernièrement poser dans un magazine devant un portrait de lui en corsaire regardant dans une longue-vue. L’idée ne m’est venue qu’après : j’espère que le peintre ne s’est pas gourré d’œil, sinon c’est digne de Tex-Avery.

Allez, j’arrête, on s’éloigne d’Aristote, d’Avicenne et de Thomas d’Aquin, et je retourne aider Petit Prince dans son exercice de recherche étymologique. Interdiction de rechercher l'étymologie des mots alcool, divan, chèque, chiffre…

samedi 3 mai 2008

Non-lieu



Je viens de relire avec délectation Non-Lieux - Introduction à une anthropologie de la surmodernité de l'anthropologue Marc Augé, un petit bijou d'intelligence sur notre société et ses non-lieux inventés de toutes pièces, espaces anonymes et d'anonymat, interchangeables et déconnectés de leur espace environnant et du temps des hommes qu'impose notre civilisation.
"Les non-lieux, ce sont aussi bien les installations nécessaires à la circulation accélérée des personnes et des biens (voies rapides, échangeurs, aéroports) que les moyens de transport eux-mêmes ou les grands centres commerciaux, ou encore les camps de transit prolongé où sont parqués les réfugiés de la planète."
S'y ajoutent les chambres des chaînes d'hôtel, et leurs couettes à carreaux verts et jaunes, mais aussi les chaînes de restauration rapide.
Dans le domaine commercial, cette absence d'ancrage dans l'espace proche est soulignée par les messages audio qui martèlent "Bienvenue dans VOTRE magasin… VOTRE magasin fermera ses portes…".

"… l'expérience du non-lieu (indissociable d'une perception plus ou moins claire de l'accélération de l'histoire et du rétrécissement de la planète) est aujourd'hui une composante essentielle de toute existence sociale. (…) A partir de là, toutes les attitudes individuelles sont concevables : la fuite (chez soi, ailleurs), la peur (de soi, des autres), mais aussi l'intensité de l'expérience (la performance) ou la révolte (contre les valeurs établies).



Reflets, fast-food et parkings

En marge, belle et déroutante visite du tableau de Picasso Guernica en 3D

vendredi 2 mai 2008

L'histoire du trésor d'Hissarlik


Photo d'Olympie, trois ans avant les incendies, prise directement en sépia.

La bactérie rapportée d'Egypte par Petit Prince se la joue "chaîne du bonheur" et passe allègrement de l'un à l'autre. Une étude scientifique montre que les claviers d'ordinateurs sont jusqu'à 150 fois plus vecteurs de bactéries que nos toilettes. Beurk.

J'ai donc mis à profit une matinée d'abattement pour lire La guerre de Troie - Mythes et Réalités, de Nick Mc Carty, un bouquin de vulgarisation qui croise au fil des pages et des chapitres l'histoire homérique de la cité de Troie et celle de sa redécouverte par Schliemann, riche homme d'affaires allemand naturalisé américain en quête de reconnaissance sociale et scientifique. On lui doit d'avoir identifié la butte d'Hissarlik comme l'ancienne Troie et d'avoir fouillé comme un sagouin, détruisant ce qui ne l'intéressait pas, sans aucun souci de stratigraphie, achetant le silence de ses ouvriers face aux autorités turques en échange de pierres de taille prises sur le site.
Schliemann avait reçu du gouvernement un firman prévoyant que les découvertes seraient partagées par moitié, mais ces mêmes autorités lui faisaient tellement confiance qu'elles imposèrent la présence permanente d'un gardien sur le chantier. En fait tout ce qui intéressait Schliemann était la découverte du trésor supposé de Priam et il détruisit allègrement les huit niveaux de villes sus-jacents pour arriver au niveau le plus ancien.
On sait qu'il découvrit effectivement un trésor, notamment d'objets précieux en or, qu'il fit passer en douce en Grèce d'abord, puis en Europe, trésor cédé en 1881 au gouvernement allemand qui ouvrit un "musée de Schliemann" au musée de Berlin.
En 1945, à l'approche des soldats soviétiques, le trésor aurait été emballé et mis à l'abri dans un bunker du zoo de Berlin, pillé, avant de se volatiliser dans le chaos de la fin de la guerre.
Donc, on ne sait toujours pas si la guerre de Troie a vraiment eu lieu, ni ce qu'est devenu ce trésor. Avis aux écrivains et aux Ebayeurs.

J'ai fini hier Le gardien de l'eau, de Franco Sciaglia, roman d'espionnage se déroulant dans la Jérusalem actuelle, sur fond d'Intifada, d'intégrismes communs à chaque communauté, mais l'auteur ne sait pas utiliser sa documentation historique et religieuse, ne parvenant pas à l'intégrer à l'intrigue. Dommage.
C'était un cadeau, reçu comme tel, et ça le reste. C'est l'essentiel.

J'ai commencé cette nuit Les nains de la mort, de Jonathan Coe, qui démarre fort. A suivre, et à suivre sur Deezer tant les références musicales sont nombreuses et étrangères à mon faible bagage culturel.

jeudi 1 mai 2008

L'ivresse des grands fonds



Et puis merde, j'efface ce que j'avais écrit. Ce blog n'est ni une tribune, ni un tribunal, ni encore moins une scène sur laquelle le clown passerait quotidiennement faire son numéro.
Rose chante
Ca fait mal, tellement mal,
Quand on s'empale,
Sur son amour.


Profitez des photos.

Un brin de muguet à tous ceux qui me sont chers.