samedi 30 août 2008

Chaleur, enfants et farniente



Avertissement à nos jeunes lecteurs

On me souffle à l'oreillette, par l'entremise de la voix d'une jeune femme qui a la fâcheuse habitude d'embarquer mon briquet à chaque fois qu'elle me croise malgré le confort que lui procurent ses conséquents revenus et une aisance financière concrètement affichée grâce à sa carte Gold, que je devrais veiller à ne pas passer pour un coureur de jupons invétéré et invertébré auprès de mon nombreux fan-club lecteur de ce blog.
Aussi rappelle-je ici qu'il s'agit d'une œuvre purement fictionnelle d'une haute tenue construite jour après jour dans l'unique but de connaître mon jour de gloire et de consécration littéraire par l'intronisation au sein du club très fermé des Petits Hommes Verts de la Coupole, et non le journal intime d'un Don Juan consumériste et suburbain du XXIe siècle.
On a des principes, tout de même.

vendredi 29 août 2008

Ton père, c'est pas Nicolas ?


Pas plus tard qu'hier soir, je suis allé dîner au restaurant avec une jeune femme, une little mermaid de mes connaissances, en tête-à-tête, ce qui constitue la version belge du 69, espérant que la soirée se poursuivrait bien naturellement sur un sixty nine à la française, conformément aux règles de la bienséance qui veulent qu'un homme ne fasse pas chauffer sa carte Gold au restaurant simplement pour en admirer les reflets dorés dans les yeux de l'invitée avant un merci poli et un bisou furtif. Rompant avec les habitudes vestimentaires du moment, j'avais ressorti un pantalon noir de toile légère et, assumant ma part de féminité débordante, une chemise rose.

Avait-elle lu mon billet d'hier sur la propension de la gente féminine à se perdre même en milieu connu, toujours est-il que ladite jeune femme m'invita à venir la prendre à la sortie du bureau. Invitation que j'acceptais pour deux raisons, la première étant qu'elle devrait, même en cas de prise de bec, de panne de mon sex appeal ou d'endormissement prématuré de ma part, me demander de la raccompagner chez elle si le service était suffisamment lent pour que le service des bus soit suspendu. Secundo, je préfère toujours ça que de devoir me garer deux pâtés de maison plus loin "passque tu comprends, je veux pas que mon patron-mon mari-mon-fils-ma mère-mon cousin (rayer la mention inutile) me voie monter avec toi".

La porte s'ouvrit sur une jupe que j'en avais jamais vue. Une longue jupe noire zippée de haut en bas qui enveloppait ses hanches larges, dotée d'un zip en haut et en bas. D'un coup, je me suis égaré dans des pensées malsaines et lubriques, m'imaginant ouvrir cette jupe et la retourner pour en faire un tchador ou la cape de Fantômette, un vieux fantasme que je cultive depuis qu'à ma prime adolescence j'ai cessé de lire et relire la série.

Fantasme que j'abandonnais bien vite du fait du choix du restaurant. Non que la cuisine y soit mauvaise, la note trop salée ou le service (vraiment) trop lent (merci encore à la serveuse qui fit rater le dernier bus à mon hôte de cette soirée). Non, simplement, l'originalité du positionnement commercial de ladite entreprise de restauration en salle repose sur la nécessité pour le client de se rendre à la cave à vin pour choisir lui-même le breuvage qu'il souhaite consommer. Et c'est là que tout a dérapé, en raison de la confrontation de deux cultures œnologiques par trop éloignées, lorsqu'après avoir expliqué à la Belle comment, en cas de non connaissance des vins proposés, j'opérais mes choix par un croisement subtil et savant de la simplicité de l'étiquette ornant la bouteille et de son prix, celle-ci me rétorquant que de toute manière, elle ne buvait rien à moins de 12 degrés. Nonobstant l'acceptation de son choix, rappelez-vous que je me voyais poursuivre la soirée avec Fantômette, l'icône de mes premiers émois amoureux, elle empoigna le tire-bouchon vers lequel je tendais la main comme si je m'apprêtais à me saisir de son sac à main ou de son téléphone portable, pour déboucher le fameux 12° d'un geste auguste avant de rejoindre notre table tenant la bouteille à la main telle Moïse son bâton ou Louis XIII son sceptre.

Ceci dit, la bouteille fut bonne, la soirée aussi.

jeudi 28 août 2008

Pourquoi j'ai peur de perdre ma femme

Foin d’états d’âme aujourd’hui. Même si on me dit que j'ai une part de féminité assumée, je suis trop sensible, et la peur de perdre ma femme m'est insupportable.
Beaucoup de boulot sèrieux de géographe ces derniers temps, ce qui m’a amené à m’interroger sur la question suivante :

Pourquoi les femmes n’ont-elles pas le sens de l’orientation ?




“T’es où ?”
Automatisme introductif à tout appel téléphonique de ma femme sur mon portable.

“C’est vrai, je lui ai résisté quelques heures, puis j’ai accepté. Je suis de gauche et je couche à droite, où est le problème, tant qu’on est fidèle à ses idéaux ?”
Carla B-S, qui souhaite conserver l’anonymat.

“Pt’et ben qu’oui, p’tet ben qu’non”.
Ségolène Royal, campagne présidentielle, 2008

“Mer belle à peu agitée, vent de force 8, sur Humber, Dogger et Tamise”
Marie-Pierre Planchon, France-Inter

“- Mon fils, t’es pas une gonzesse, je suis fier de toi.
- Merci papa.
Grimm, Le Petit Poucet, manuscrit original

"- J'en ai marre, t'étais où, tu veux vraiment me perdre pour te débarrasser de moi ?"
Dépôt Ikéa, 2002, 2004, 2005, 2006, 2007, 2008

“Parce que les femmes ne savent pas dans quel sens prier, nous nous assemblerons en cercle dans un temple”
Martin Luther, Les 99 thèses
Ce à quoi l’Eglise catholique, par le Concile de Trente, a répondu
“Les prêtres veilleront à ce que les bancs soient disposés dans le bon sens dans leur église, afin que le femmes ne s’égarent dans les voies de Dieu”.

“Une femme peut faire une très belle carrière cinématographique sans connaître sa gauche de sa droite, pourvu qu’elle comprenne devant et derrière.”
Fred Coppula, producteur de vidéos pornos

“Le troisième mois après leur sortie d’Egypte, les Hébreux atteignirent le désert du SinaÏ. Moïse monta alors vers Dieu. Pendant ce temps, le reste du peuple élu continua son chemin sous la direction de Judith et Sarah, qui mirent quarante ans à retrouver Jéricho et la Terre Promise qui n’était même pas à 200 bornes.
Moïse dit à Sarah
- Putain, quand ont te dit de longer la Mer, tu pourrais au moins te demander laquelle”
La Bible, Exode, 23, 4-8

“On m’avait toujours répété que tous les chemins mènent à Rome. Bien sûr, le désert de Gobi représente un léger détour, mais j’ai fini par arriver.
Alexandra-David Neel, Mémoires d’une voyageuse

“Chère maman,
je pose mon tricot pour vous adresser ces quelques mots. Ulysse est enfin rentré à Ithaque, mais je ne sais que penser des tours et détours qu’il m’a décrits. A moins que cet homme soit une femme, ce dont je ne puis douter après ses ardeurs, je le soupçonne d’avoir eu des maîtresse partout dans le monde connu.”
Lettre de Pénélope à sa mère.

“Oui, nous embauchons beaucoup de femmes pour tester les nouveaux GPS que nous développons, mais beaucoup disparaissent avec les matériels que nous leur confions.”
M. D., responsable du développement chez GPS-Princesse Tom-Tom

“Considérant la recrudescence des accidents de la circulation (…) il est interdit aux femmes non accompagnées de leur mari, père ou frère de conduire un véhicule motorisé.”
Cour suprême d’Arabie Saoudite

“C’est vrai, beaucoup des appels que nous recevons commencent pas ces mots “Je suis perdue…””.
Nathalie Z., télé-conseillère pour SOS Femmes battues

“Cest une allégorie de la féminité.”
Géricault, Pourquoi j’ai peint le Radeau de la Méduse, 1820

“J’ai été marié neuf fois, et pas une n’a été capable de se repérer dans ma villa.”
Eddie Barclay, in Voici, p. 18, 1989

“Femmes de Paris, ouvrières, mères au foyer, rassemblement demain à 14 heures Place de la République”, appel lancé le 09 août 1871 par Louise Michel, arrêtée le 1er septembre alors que trois femmes déjà s’étaient rassemblées.

“- Pourquoi avoir choisi l’infiniment petit ?
- Parce que j’étais sûr qu’elle se paumerait dans l’infiniment grand.”
Mon travail avec Irène, entretiens avec Frédéric Jolliot-Curie, 1937

“Suivez une oie, et vous arriverez à coup sûr en Afrique. Suivez votre femme, vous n’êtes pas sûr d’arriver chez le volailler.”
Konrad Lorenz, écrits apocryphes, 1984.

“La femme est l'avenir de l'homme, mais il faudra se montrer patient, l’avenir peut tarder à arriver.”
Louis Aragon, repris par Jean Ferrat.

“Aussi l’errance de Thésée dans le Labyrinthe symbolise-t-elle l’universalité de la part de féminité qui réside en tout homme.”
Freud, Totem et Tabou, 1913

Photo : maquette animée du Couserans, musée de Seix, Ariège

mercredi 27 août 2008

Héros de personne


- Alors à quoi sert l'entendement ?
- A rassurer les hommes et c'est déjà beaucoup.
Fred Vargas, Un lieu incertain, Viviane Hamy

Tout va bien. En toute objectivité. En toute relativité.
L'humilité de l'homme sans qualités.
Même si les certitudes s'arrêtent là. Sans se prendre pour un ange, se savoir bancal, vouloir donner le meilleur, donner quelques miettes de bonheur.

mardi 26 août 2008

(Re)composition familiale

C'est ce que disent la couleur des yeux et le murmure des rires partagés se joue bien des liens du sang.








Que m'importe le jour ? Que m'importe le monde ?
Je dirai qu'ils sont beaux quand tes yeux l'auront dit.
Alfred de Vigny, "Les destinées"

lundi 25 août 2008

Shalom





Une même gamme de couleurs pour glisser doucement vers la rentrée, en particulier pour ceux et celles qui reprennent aujourd'hui.
Avis de grand calme dans la maison après de belles journées en famille et au grand air. Chacun vaque, se pose, se repose et range.

Tout ce qui est or, ne brille pas,
Tous ceux qui errent ne sont perdus ;
Le Vieux qui est fort ne dépérit point.
Les racines profondes ne sont pas atteintes par le gel.
Des cendres, un feu s'éveillera.
Des ombres, une lumière jaillira ;
Renouvelée sera Narsil l'épée qui fut brisée,
Le sans-couronne sera de nouveau roi.

Bilbon Sacquet au sujet d'Aragorn, Le Seigneur des Anneaux, livre 1, attention de Matronne à Petit Prince.

mercredi 20 août 2008

De plein pied dans la lumière



- Fou ?
- Totalement si l'on estime que c'est être fou que de vivre selon la logique d'un monde qui n'est pas la logique du monde.

Fred Vargas, "Un lieu incertain", Viviane Hamy

dimanche 17 août 2008

Je n'ai pas aimé la vie sans toi



Ce titre est une phrase de Bernard Campan dans Le cœur des hommes.

Le cœur est une mémoire bien plus sûre que les écailles qui se délitent en poussières d'étoiles peuplées d'enfants en adieux. Le cœur crie et la raison résonne pour rappeler que toujours et jamais appartiennent au dictionnaire et aux poètes, pas au commun des mortels qui voudrait y borner sa vie, qui donne et reprend d'incertains bonheurs que l'on voudrait éternels.
Laisser hors-champ ce qui s'y trouve.
N'affronter que ce qui se justifie.
Sourire à ses étoiles.

vendredi 1 août 2008

Sortis des eaux

D'étapes en étapes, être là. Avec. Dedans. Le dire, le faire et le rester, en espérant être entendu.
Assumer quand il le faut. Même les plus grandes des responsabilités.
Savoir les partager quand elles sont communes.







Boulot, réunions de travail ou de famille, belles découvertes, vacances annulées, d'autres improvisées et savourées, d'autres encore projetées et savourées d'avance, le calendrier de l'été est tout chamboulé. Avant un départ vers d'autres cieux, les Trolls sont rentrés en avance de plusieurs jours, et pour eux, c'est piscine du matin au soir. Petite Princesse, qui a couvert son Pôpa de cartes postales et de cadeaux au retour, grandit à vue d'œil et finit d'apprendre à nager. Petit Prince, toujours aussi avare dans l'expression de ses sentiments (genre ours ascendant scarabée), se taille petit à petit un corps d'ado (sans les boutons) dont il peut être fier.
Les filles sont prévenues ;-)
En attendant, leur Pôpa lui, l'est, fier (de ses PP, pas de son corps vieillissant, hein, les filles n'ont rien à craindre, seules les sirènes doivent se méfier).

Parce qu'on l'a bien mérité, parce que nous le valons bien, ce blog va voir son activité, actuellement intermittente, se mettre en veille pour quelques jours de vacances far, far away.

Bonnes vacances à ceux et celles qui ont cette chance.