vendredi 31 octobre 2008

On t'a vu, petit obsédé !



Scandale vient du latin scandalum, obstacle contre lequel on trébuche. Pour aller chez Aubade, contourner la fontaine.

Ceci étant dit, l'étalage de mon maigre vernis culturel, pioché deci-delà au gré de mes lectures, ne doit pas faire oublier l'essentiel : la réalité de la vie matérielle, les crises, économiques et financières, l'éventuelle arrivée du communisme afro-américain aux States avec Obama, le CAC 40, ma nombreuse famille à nourrir, ma retraite à construire, les impôts à payer, les deux ans d'attente avant de toucher la première part de mes colossaux droits d'auteur, les exigences toujours croissantes d'une jeune femme... Comme l'écrivait dernièrement une lectrice de ce blog, l'argent ne fait pas le bonheur, mais il y participe.
J'ai donc décidé de devenir riche. Comme ça. D'un coup. Et vite.

Ne me demandez pas comment m'est venue l'idée, ça ne vous regarde pas, indiscrets que vous pouvez être, chers lecteurs adorés. Comme ça. Tout simplement. En échangeant avec une jeune femme avec laquelle nous partageons de longues conversations, une relative complicité et la farouche volonté de combler une culture cinématographique dont certains genres et courants artistiques nous sont en partie inconnus. Genre Bollywood-porn-chic ou Karachi-porn-burka. Donc.

Voilà, j'ai déposé à l'Institut National de la Propriété Industrielle le scénario-type d'un film porno. Suffisait d'y penser. Je l'ai fait. Dorénavant, dès le prochain premier samedi du mois sur Canal Plus, pensez à moi, j'encaisse les royalties. Parce qu'on se demande pourquoi on en tourne encore autant, alors que la chair numérique ne vieillit pas, et que le scénario, le désormais mien scénario, est toujours le même. Il n'y a que la couleur du canapé qui change. Donc :

- Lui la déshabille et lui XXXX le XXXX (cf schéma n°1)
- Elle le déboutonne puis lui XXXX le XXXX (cf schéma n°2)
- Elle se met comme ça et lui comme ça. (cf schéma n°3)
- Là, moment décisif dans le déroulement de l'intrigue, le couple se dénoue (ou le multiple assemblage humain), elle se met comme ça et lui se place ainsi. (cf schéma n°4)
- Alternance gros plans chirurgicaux et plans larges.
- Lui se retire et lui XXX sur XXXX. (cf schéma n°5)

Voilà, à partir de demain, je suis riche.

mercredi 29 octobre 2008

La main tendue




Câlin(e) vient du normand caliner, se reposer à l'ombre quand il fait chaud et du latin calere, faire chaud.

lundi 27 octobre 2008

Zig-Zag



Festonner, de l'italien festone, ornement de fête, signifie aller en zig-zag quand on est ivre.

jeudi 23 octobre 2008

La vie en couleurs



Une photo de Fantômette, clin d'œil à miss D, vitrailliste au long cours et à Petite Princesse, qui depuis avant-hier a le bras dans un plâtre rose fluo (c'est son choix ! la couleur du plâtre, pas d'avoir une double fracture du poignet à la veille des vacances, hein).

Vous voulez vivre vieux ? Un tuyau, consultez votre médecin.
Parce qu'elle est née en 2000, vous savez, l'année du bug, Petite-Bug Princesse avait… 108 ans chez le radiologue. Sérieux, elle les fait pas.
Sinon, prenez rendez-vous chez votre ophtalmo. Si vous n'êtes pas disponible le mardi matin à 9h50 en février 2010, ou si vous n'en êtes pas sûr(e), on peut vous proposer le soir, mais en 2011 seulement. Bon, celà dit, quand je lui ai posé la question de l'opération, au regard (on ne rit pas) des maigres dixièmes de dixièmes qui me restent, il m'a carrément conseillé d'attendre encore une dizaine d'année.
Rendez-vous est pris.

mardi 21 octobre 2008

Une petite goutte


Elle est discrète, la petite goutte, perdue au milieu de la multitude des gouttes qui tapissent le jardin. Tellement discrète que peu en connaissent le goût ou la couleur des reflets. Elle ne se laisse pas approcher. Elle ne se voit pas une belle goutte. Elle pense que la multitude des autres gouttes brille bien plus fort et a bien meilleur goût. Elle est là, sans bouger, brille parfois d'un reflet du soleil, se tapit souvent dans l'ombre pour demeurer ce qu'elle est, une goutte parmi les gouttes. Elle le sait, elle peut se donner mais pense qu'elle a peu à donner. Que son goût est bien trop banal dans la multitude.
Bien sûr, elle a connu quelques autres gouttes, la petite goutte. D'autres gouttes qui se sont nourries d'elle pour briller davantage, pour paraître plus grosses au milieu de la multitude, qui voulaient changer une banale petite goutte d'eau en vin, d'autres encore qui se sont nourries d'elle avant de glisser vers d'autres feuilles. Elle se laisse désormais difficilement approcher.
Peu lui importe l'éclat des autres gouttes, briller parfois au milieu de celles qui lui sont proches suffit à son existence. Elle pourrait disparaître, peu de gouttes s'en apercevraient, encore moins en seraient émues. Elle pourrait glisser doucement avant de chuter et d'éclater au sol, se retrouver projetée par un coup de vent imprévu, sécher trop vite d'un rayon de soleil trop violent et ne laisser qu'une auréole de sel qu'effacerait la prochaine pluie. Elle s'accroche pour rester au milieu des gouttes qui l'entourent et qu'elle surveille d'un œil de louve.
Ce qu'elle aime, cette petite goutte si discrète, c'est rouler vers une autre goutte, une goutte qui lui dit "-viens" et à laquelle elle répond "-viens". Les deux gouttes s'observent, se touchent, d'abord doucement, puis tentent de se glisser l'une en l'autre, de se mélanger pour former une autre goutte.
Ce qu'elle aime, cette petite goutte si discrète, ce qui lui donne envie de s'accrocher encore et encore à sa feuille, c'est la couleur que prennent l'ombre et la lumière quand elles traversent non plus une mais deux gouttes qui se mélangent.
Elle est discrète et reste discrète. La couleur si particulière de la lumière dans ces moments là lui suffit.
Espérant avoir trouvé sa goutte.

lundi 20 octobre 2008

Un escalier vers la lumière



Les larmes sont les rivières de nos sentiments qui débordent quand le cœur lâche en soupape, des rivières sur lesquelles nous lançons des ponts que nous espérons solides parce que quatre mains s'efforcent de les bâtir. Des rivières que l'on ne peut détourner, maîtriser ou assécher, qui mouillent les pieds et le cœur de celui ou celle qui les regarde de trop près.
Tous le deux s'étonnent et s'interrogent : que faire ?
L'un parce qu'il se mouille les pieds et voudrait tarir ces rivières, l'autre parce qu'il frappe sur son cœur pour en enterrer la source. En vain, les cicatrices anciennes saignent et se vident, s'épanchent en un flot qui effraie.
En espérant qu'un jour ces cicatrices se refermeront et que l'Autre pourra poser son cœur en confiance sur ce cœur meurtri.

Un an déjà



Un an. Il y a un an, nous avons fermé la porte d'une maison pour nous installer ici. Chez nous.
Une porte fermée sur un monde d'utopie, un monde qui n'existait pas. Un monde qui restait à créer.

En un an, la densité de population de notre immense T3 a connu un taux de croissance digne d'un pays en voie de développement en phase 1 de la transition démographique : 100%. De trois, nous sommes passés à six. N'empêche, si la mesure du bonheur échappe à tout indicateur mathématique ou statistique, elle est assurément exponentielle.
Et s'il reste une encyclopédie à écrire, c'est bien celle des petits mondes bien réels, de nos petits mondes.

vendredi 17 octobre 2008

Promesse d'avenir


Musée du Verre, Sorèze.

Bonne fête à Petite Princesse qui rentre ce soir, et bon moisiversaire à Nous.

jeudi 16 octobre 2008

Question de taille

Les plus hauts faits historiques débutent parfois par les plus banales des histoires.

Parce qu'elle travaille actuellement sur la Renaissance italienne, Fantômette me faisait doctement remarquer dernièrement que Michel-Ange semblait avoir un problème avec le sexe, celui des hommes, rapport à leur taille. Et de m'exhiber, pour preuve, une photo d'Adam forçant son lumbago pour se redresser au plafond de la Chapelle Sixtine.

C'est vrai que pour le coup, Michel-Angelo ne l'a pas aidé notre pauvre Adam, à moins qu'il n'ait cherché, par ce biais, à régler ses comptes avec Giorgio Lombardi, son amant florentin qui l'avait abandonné saoul dans les brumes matinales du bord de l'Arno pour s'amouracher du Magnifique Laurent. N'empêche, avec un pédoncule de cette taille, on comprend qu'Adam ait cherché son salut dans la fruticulture arboricole plus qu'à devenir gigolo pour saintes sur le retour au Jardin d'Eden.
N'empêche, cette remarque m'a piqué au vif. Parce que. Parce que toutes les femmes vous le diront, tous les zommes sont soucieux de la taille de leur sexe. Tous. Mais les zommes ne le diront jamais. Moi y en a zomme aussi. D'ailleurs, les publicitaires l'ont bien compris, et mettent en avant de virils échanges footballistiques pour nous vendre des écrans plats 16/9e coins carrés 112cm de diagonale, pas la fonction zoom 400% sur les attributs de Rocco Sifredi, ça ferait exploser la consommation masculine de Prozac. Rien que pour voir, comptez le nombre de spams que vous recevez, zommes et femmes confondus, pour augmenter la taille de votre pénis ou pour l'achat de Viagra de contrebande en gros.
Or, donc, certes, je vous l'accorde, chère Fantômette, entre deux éclats de colère sur la volatilité des fichiers Excel qui obligent à refaire tout le boulot, Adam avait un petit zizi. Mais il faut resituer le contexte. Michel-Ange a peint le plafond de la Chapelle Sixtine à la demande du pape Jules II, alias Giuliano della Rovere, fils de Raphaël della Rovere et de Theodora Manerola, que son père affublait du sobriquet "p'tite bite" eu égard à son pénis de petite taille. Ce sobriquet le suivit longtemps, notamment dans les toilettes de la cour de l'école Saint-Jean de Latran à Savone où Giuliano, futur Jules II, faisait commerce de l'exhibition de ses maigres parties, avant de faire commerce de promesses d'Indulgence au nom de Dieu dont on ne sait rien concernant son anatomie.
Lors de son élection papale en 1503, Rodrigue Borgia, son illustre prédécesseur dans les meubles de Saint-Pierre et ennemi personnel, aurait déclaré devant la Curie assemblée, pas la peine de faire de la fumée pour ça, ce n'est pas la foudre divine, juste une étincelle !
Cette particularité physique de Jules II est attestée par Paola de Padoue, une des courtisanes du Saint-Siège, qui dans ses Mémoires parle de debole schifo che sfiorar le mie labbra (frèle esquif effleurant mes lèvres).
Les Annales de l'Inquisition confirment qu'en déplacement à Tolède en 1508, alors qu'il partageait avec Ignace de Loyola les charmes de Sœur Theresa de Cordoue, Jules II se serait emporté au sujet de cette pauvrette de faisait don de son corps à l'incarnation divine en prononçant ces mots Oh, sí, aún, pero Su Santidad, esperan lo que para llenar esta vía divina (Oh, oui, encore, mais Votre Sainteté, qu'attendez-vous pour emplir cette voie divine) alors que ledit Jules s'agitait depuis une demi-heure déjà. Sœur Theresa de Cordoue fut brûlée vive pour frigidité face au corps divin.
Dans ces conditions, on comprend donc pourquoi Michel-Ange a peint ainsi Adam au plafond de la Chapelle Sixtine. Par égard pour Jules II. Pour être sûr d'être payé de ses quatre années de travaux. Pour éviter l'Inquisition.

Voilà, chère Fantômette, la réponse que les historiens s'accordent à apporter à votre question.

Sauf qu'à la réflexion, j'ai pensé vous voir heureuse au volant de notre nouvelle voiture.


Puis j'ai ensuite compris quel était l'objet de ce bonheur. Et là, maintenant, je me fais un de ces p… de complexes. Merci encore, Michel-Ange.

lundi 13 octobre 2008

L'envol d'une fée

Une fée ne doit craindre de traverser les nuages. Parce qu'ils sont son domaine.
Et que chacune des fées est indispensable à la vie terrestre de quelques humains qui les attendent.

vendredi 10 octobre 2008

Pas à pas, à grands pas


Le bonheur ne trompe pas.
La surprise d'un petit déjeuner servi au lit par Petit Prince de manière improvisée, des câlins d'une Petite Princesse qui se lève toujours d'un pied gauche maussade, des bouteilles de champagne ouvertes avec les grands-parents pour arroser notre premier achat commun, une carte grise toute neuve à nos deux noms, unis à la ville comme en Préfecture, une dernière bouteille dégustée avec miss D et le plaisir de la voir rire et oublier, l'espace de quelques heures au moins, que le bonheur ne trompe pas.

jeudi 9 octobre 2008

Bulles de cristal







Je rajoute ici le lien envoyé par Fantômette, en attendant d'écouter Mam'selle Bulle, ladîte chanson.

mercredi 8 octobre 2008

Mais que fait la police ?



Vitrine de librairie BD

Pendant que certains érotomaniacs bédéphiles bavent devant des figurines de polymères aux positions suggestives, une start-up du Tarn, avec le concours de la principale école de chimie de Toulouse, vient de mettre au point un ordinateur bio-dégradable. Pour l'instant, il est réservé aux grands comptes, mais bientôt, nous serons tous des James Bond, MSN bloqué et FaceBook mis en carafe par le message "Dans dix secondes, cet ordinateur s'auto-détruira"

mardi 7 octobre 2008

Remettre les pendules à l'heure





On croit rêver !
Je ne vais pas une fois encore m'étaler sur ma vie privée, mais j'ai du mal à comprendre les commerciaux dans les garages automobiles. Comme tous les professionnels qui ont un discours de professionnel. Essayez avec votre notaire, pour voir. Faites un test, essayez ensuite de résumer ce qu'il vous a dit à votre femme ou à votre mari.
Samedi, nous fêtions au champagne l'achat de notre voiture, pour la garnir de notre nombreuse progéniture genre famille de France, nombreuse et composée à partir de l'histoire de chacun, mais qui vont tellement bien ensemble qu'on les dirait frères et sœurs et qu'on finit par ne plus savoir lesquels sont à qui ou presque.
Bref, on jouait au papa et à la maman BoBos, les enfants couraient entre les modèles d'exposition armés de bâtons sans faire trop de dégâts sur les carrosseries rutilantes, négociations, bien évidemment on glisse quelques éléments personnels dans la négociation, l'âge des enfants, la carte Gold de Fantômette, mon indice de la fonction publique (gros, l'indice) et on prévoit, hasard du calendrier, la livraison le jour de la fête de Petite Princesse, qui, hasard de la vie, a le même prénom que la fille du vendeur. Miracle, le prix baisse encore, c'est tout juste s'il ne faut pas passer au minibus 16 places tellement on est copains.
Et cet après-midi, message sur le portable, il s'est trompé dans le calendrier, la fête de nos filles respectives tombe une semaine plus tard. Et l'animal de me proposer de repousser la livraison d'une semaine. Comme si c'était pas tout de suite, qu'on la voulait, notre nouvelle ouature toute neuve !

lundi 6 octobre 2008

dimanche 5 octobre 2008

Mesquineries et petites bassesses



- Tiens, je t'ai trouvé un titre pour quand tu auras commencé ton régime !
(petite phrase entendue hier, qui fait chaud au cœur. Si, si. Ceci étant dit avec une infinie tendresse, puisqu'on me menace d'annuler l'achat de notre superbe voiture 6 places achetée hier).

samedi 4 octobre 2008

How wish you are here



Un clin d'oeil à la montagne, un clin d'oeil à Petit Prince qui aura douze ans et demi après-demain, une première sortie bivouac avec les enfants et Fantômette qui avait troqué sa cape et ses bottes noires contre un poncho de rando bleu. So sexy.

jeudi 2 octobre 2008

Sauter, foncer, s'élever



Qui n'a jamais eu envie de sauter ?
De sauter pour oublier, de sauter pour en finir, de sauter parce que c'était fini, de sauter parce qu'on nous avait brisé, de sauter pour faire cesser la souffrance, celle que l'on vit ou celle que les autres nous infligent. Un jour, c'est arrivé. D'autres jours aussi. L'amour des uns et l'amour des autres, parfois l'amour de soi, nous ont retenus.
Un fil ténu, fin, fragile, invisible, qui nous retient.
Et puis il y a des sauts dont on a envie, qu'on ne veut pas retenir, des sauts que l'on souhaite, des sauts que l'on désire parce que l'on sent, on veut que ces sauts là nous élèvent dans leur chute. L'amour, le vrai, complice et partagé, serein et patiemment construit, celui dont naît le couple et dans lequel la famille s'épanouit, est de ceux là. Il donne envie de sauter dans la vie, la vraie, à pieds joints, les mains dans le dos, les bras tendus ou les talons ramassés sous les fesses, la tête la première ou dans un grand plaqué.
De sauter au milieu des vivants.

Merci, merci mille fois, Fantômette.

mercredi 1 octobre 2008

La carte Gold


Y a un truc que j'aime bien, de temps en temps, c'est payer avec la carte Gold de Fantômette.

Sérieux, vu qu'on s'est échangé nos codes après qu'elle ait retenu le mien, à la dérobée, par dessus mon épaule, "par hasard" qu'elle a dit (mon œil, tiens!), ça m'arrive de me la jouer Bobo qui roule en camionnette à fleurs genre beatnik rangé mais qui dégaine sa carte Upper Class. Parce que, y a pas à dire, ça le fait.
La carte Gold, c'est plein d'avantages et le signe que l'on n'est pas n'importe qui. Ne boudons pas notre plaisir. C'est vrai, dans ces moments là, ce petit bout de plastique doré me donne une existence, une assise sociale, et je me sens à ma place. Classe et distinction, mieux que la pochette à la poche d'une veste Cacharel ou l'Iphone.

Il suffit de l'agiter à la terrasse d'un café pour commander immédiatement deux mojitos. Dans un restau qui affiche complet, pas la peine de graisser la patte au chef de salle ou au maître d'hôtel. Fantômette ouvre négligemment son portefeuille et on passe à table dans le salon VIP.

Je suis fier de ma femme, d'être avec une femme pareille. Mais sa fierté à elle, c'est de présenter sa carte au travers du pare-brise au péage et de voir la barrière se lever à notre approche, la préposée en temps partiel sortant de sa cabine pour saluer notre passage. Il faut la voir, chez Carrefour le samedi après-midi, passer devant tout le monde et demander à la caissière en CDD en regardant la file que nous venons de doubler "vous ne trouvez pas qu'il y a de plus en plus de pauvres, tout de même ?". Même les femmes enceintes et les paraplégiques qui viennent dépenser leur pension de la COTOREP tentent vainement de s'incliner à notre passage à la caisse prioritaire.

De temps en temps, Fantômette, va aussi chez Lidl, rien que pour le plaisir de ne pas avoir de chariot à pousser, c'est le vigile qui s'en charge. Jusqu'à la caisse qu'on lui ouvre spécialement. Elle achète quelques produits de base, du jambon, du saucisson, qu'elle donne ensuite au vigile en remerciement de son dévouement. Il ne mange pas de porc, mais Fantômette lui rappelle à chaque fois que la Bible ne le prohibe pas. Surtout ces derniers temps, puisque c'est Ramadan.

Dernièrement, alors que nous étions en pleine négociation de cautions et hypothèques diverses avec une conseillère financière pour l'achat de notre T6, il lui a suffi de me tendre sa carte Gold d'un air négligé en faisant voler sa chevelure de feu d'un geste de la tête pour que la discussion tourne court. Il n'y aura pas besoin de caution ni d'hypothèque, et même, si nous changeons de banque, nous aurons droit à deux cartes Gold. Gratis. C'est comme ça,

Depuis, j'ai repeint ma carte Visa à la peinture à maquette, mais Fantômette me tanne, me harcèle, pour que je quitte la Caisse d'Epargne, une "banque de pauvres" et que je prenne, enfin, une Carte Gold. Parce que, m'a-t-elle expliqué, dans Pretty Woman, Richard Gere confie la sienne une journée entière à Julia Roberts.
Peut-être Fantômette rêve-t-elle d'une histoire de Prince Charmant épousant une roturière ? (mais je l'ai déjà demandée en mariage !)
Peut-être imagine-t-elle que ma fortune est immense et mes revenus bien plus élevés que ceux que j'ai dû présenter lorsque nous nous sommes rencontrés (ben oui, elle est comme ça, Fantômette, mais j'ai dû lui présenter mes fiches de paye !).
A moins qu'elle veuille me montrer que l'argent ne fait pas le bonheur, que le bonheur est ailleurs.

Mais ça, j'y crois déjà, Fantômette !