samedi 23 février 2008

Pas le temps


Juste une photo (jolie, non ?) entre deux valises.
Pas le temps de plus.

samedi 16 février 2008

Gueule de bois


Parque Guëll, Barcelone, 2005.

Quelle que soit la couleur du vin, les rêves qui suivent sont noirs. C'est un mystère.

vendredi 15 février 2008

Besoin de tendresse et de douceur


"Il faudrait s'aimer, dans un monde idéal, en dehors du temps, détachés, détachés…"
Fellini, "La Dolce vita"

Le 15 février 2007,… c'est un anniversaire.

Le 15 février 1903, Rose et Morris Michton créent un ours en peluche baptisé Teddy's Bear, surnom donné au président Théodore Roosevelt, surnommé Teddy, qui lors d'une partie de chasse a refusé de tuer un ourson sans défense. C'est une belle histoire, pour quelques grammes de tendresse et de douceur.

Voilà pour aujourd'hui.

jeudi 14 février 2008

Le saut de l'ange


Hasard, ou pas, c'est le 14 février 1876 que Graham Bell présenta sa nouvelle invention, le téléphone.
Une belle invention pour tous les amoureux de la Terre que le destin maintient éloignés.

mercredi 13 février 2008

Salle d'attente


Demain, c'est Saint-Valentin, si, si.


Photo, broche Art-Déco, musée Calouste Gulbenkian, Lisbonne.

Pour changer d'air à tout moment et vous laisser emporter vers les utopies les plus folles, mais aussi les plus belles, ouvrez le "Dictionnaire des lieux imaginaires" d'Alberto Manguel et Gianni Guadalupi, un petit bouquin extraordinaire, recension des lieux, villes contrées, pays, imaginés par quelques centaines d'auteurs français et étrangers, pour beaucoup inconnus ou oubliés.

mardi 12 février 2008

C'est décidé, j'arrete la pilule !

Hier soir, pour tromper la solitude et l'attente de la sonnerie du téléphone, voilatipas que je clique et reclique, un peu n'importe comment, et que, une fois, encore, magie de l'hypertexte, je tombe sur le blog d'une dame qui se présente comme mère de famille, catholique, d'origine étrangère et… élue Front National.
Je n'ai pas envie de donner de nom, ni de lien, pour ne faire aucune publicité à cette personne, mais je tiens le tout à votre disposition en privé.
Donc, je tombe en arrêt, et curieux de voir quel peut être le discours de la Franchouillarde Nationaliste, je parcours la logorrhée de la dame. Rien de bien transcendant, quand je tombe sur un article sur la pilule contraceptive. Et vous savez quoi ? Ben, elle est contre. Ca vous scotche, non ?
Outre le fait, selon cette exégète des problèmes sociaux actuels, que la pilule est cancérigène (références de l'OMS à l'appui), elle détruit la famille, puisque c'est un facteur d'inversion des rôles, la femme ayant la maîtrise de la fécondité, le mari n'a plus qu'à se lamenter devant la télé sur la descendance qu'il n'aura pas. Famille, ou patriarcat ? Et de citer un extrait de l'intervention d'un député (de droite) lors du vote de la loi Neuwirth en 1967, omettant de citer Elisabeth Badinter, peut-être parce qu'elle est de gauche.

Mais le plus beau, quand même, c'est l'influence de la pilule sur la dégradation de l'environnement. J'avoue avoir dû lire le passage plusieurs fois pour bien comprendre le lien de causalité dont je vous livre ici la substantifique moëlle : ainsi, les rejets d'oestrogènes par les femmes prenant la pilule polluraient les cours d'eau. Si, si. Et la dame de citer ici le cas de neuf saumons mâles observés en train de pondre des œufs, sans autre précision. Attendez que Nicolas Hulot apprenne ça, vous allez voir.
En bon cartésien, j'ai cherché le lien, et puis j'ai compris. C'est que les dames, elles font pipi. Et alors, zou les oestrogènes vers la station d'épuration et nos belles rivières bien de chez nous. C'est quand même un putain de raisonnement, non ?
Donc, Mesdames, soit vous prenez la pilule pour baisouiller à qui mieux-mieux, mais vous ne faites pas pipi, soit vous laissez faire la volonté divine et concevez en fonction du calendrier menstruel affiché dans la catholique cuisine familiale, et, et, vous pouvez aller aux toilettes.
Et pourquoi pas la disparition des tortues-luth qui avalent les préservatifs oubliés sur la plage au mois d'août?

Poussant un peu plus loin mes cliquantes investigations, j'ai ainsi et aussi lu plusieurs articles qui font froid dans le dos, de par la permanence des thématiques (la théorie du complot, la juiverie, la franc-maçonnerie, le bolchevisme) qui datent d'un autre siècle, mais aussi de par la rigueur de leur argumentation. Beaucoup des articles que j'ai pu lire sont malheureusement écrits par des universitaires rompus au débat et à la rigueur de la démonstration, et c'est vrai que si on ne prend pas un minimum de distances avec l'articulation des idées, ça peut paraître convaincant. Ainsi, l'UNESCO serait un repère du communisme mondial (je savais même pas qu'il y en avait encore un, dis-donc) et Al-Gore et la Conférence de Rio les purs produits du "mondialisme", vaste complot fomenté par les bolcheviks dans le cadre d'une Perestroïka préparée depuis les années 1960.
Rien que ça.
Une question me taraude : les bobs et T-shirt du Front National, ils seraient pas cousus en Chine, des fois ? Ce serait drôle.

Et vous savez quoi, je n'ai même pas de photo à poster avec ça. C'est trop bête, et je prends rarement la bétise en photo. Alors je sors une affiche de propagande d'extrême-droite des années 1930 que j'utilise avec les élèves en 3e. D'une part, pour leur montrer le climat politique de l'époque, mais aussi, en tant que prof' d'Education Civique, pour leur montrer la permanence de certains slogans ("La France à les Français") et d'une certaine forme de bétise humaine.

Bon, je retourne rêver à mes contes de fées.

lundi 11 février 2008

Un temps de printemps


Difficile de se projeter, de se dire qu'on sera sous la neige la semaine prochaine.
Il fait un printemps de février, soleil à volonté.

dimanche 10 février 2008

Saumons les ours bruns



Bon, ben voilà, hier soir, parce que je n'arrivais pas à voir une vidéo du Petit Nicolas piquant un stylo au Président roumain conseillée par Grande Princesse, détour par DailyMotion, clic, clic, je finis par trouver, puis clic, clic, je tombe sur l'altercation du P'tit Nico avec un marin breton qu'il apostrophie en le tutoyant, puis clic, clic, magie de l'hypertexte, ou comment ne plus savoir ni comment ni pourquoi on est arrivé là, je suis tombé sur cette pub' pour le saumon rouge.
Et j'ai ri tout seul. Alors voilà, je partage.

Là où je rigole un peu moins, c'est quand Petite Princesse me fait écouter une chanson qu'elle semble connaître par cœur. Faut que je la prive de radio, ou quoi ? Y a un contrôle parental pour les moins de huit ans, sur Skyrock ? Ou c'est parce que cliquer sur mon blog ouvre automatiquement sur "Nuit Sexy" ? Les Chiennes de Garde font de l'information en CE1, maintenant ?

vendredi 8 février 2008

Un léger goût d'ubiquité


Encore un prof' qui se plaint.

Relent de poujadisme professoral. C'est bien connu, ils ne travaillent pas et se plaignent tout le temps.
Depuis deux ans, je partage mon temps entre deux établissements. Une chance, il n'y a que quatre kilomètres, dix minutes de voiture au maximum, un luxe quand certains doivent faire une heure de trajet. N'empêche. Etre partout, c'est être nulle part.
Deux journées à préparer chaque soir, double classeur, double emploi du temps, une journée qui commence ici pour s'achever là. Chaque matin, c'est commencer une journée de travail dans un bahut en ayant déjà la tête à ce qui se passera dans l'autre, dichotomie des photocopies, des ambiances, conversations avortées avec les élèves, parce que les autres n'attendront pas, si l'on n'y prend garde, c'est double ration de réunions, les informations qui ne circulent pas, qui arrivent trop tard, c'est un peu être un satellite opérant une double révolution autour de deux astres distants, des collègues croisés salués chaque semaine sans jamais même avoir le temps de leur demander leur prénom ou ce qu'ils enseignent, sentiment souvent d'être un mercenaire chargé d'effectuer sa mission, rien que sa mission, parce que la suivante est ailleurs, regard incrédule de certains quand je leur souhaite bon week-end le jeudi midi et qui doivent penser que j'ai un emploi du temps en or, travailler seul tout le temps parce qu'il est impossible de se partager entre deux équipes, impossibilité de rien entreprendre à long terme avec les élèves en dehors du cours...

Petite fatigue de fin de semaine.

Photo, Montaillou, 2006

jeudi 7 février 2008

Un essaim de rêves malfaisants



J'emprunte à Baudelaire aujourd'hui, tant la fatigue l'emporte.
Fatigue d'une nuit hachée de cauchemars, fatigue de la décision rendue par un juge qui a décidé que 1 + 1 ne faisaient plus rien.
Mais ce n'est pas rien, au contraire, à moins d'accepter l'idée que le jour où 1 et 1 ont dit "oui", ce n'était rien.

Par un soir d'hiver
j'ai posé mon regard sur ses rivages incertains
aussi incertains que l'étaient les miens
persuadé que la lumière de nos rires
sécherait l'écume des larmes que la vie avait versé sur nos âmes séparées
laissant dans l'ombre de cette vie sans
sans l'autre, sans amour, sans tendresse
s'épanouir le désir partagé de rattraper le temps perdu
de ces voyages volés à nos vies quotidiennes
qui par la force d'un oui devaient s'entrelacer
et apaiser la menace de la fin
dans la maison qu'ils s'étaient construite
dans cette famille espérée
promesse de vieillir ensemble
après s'être des milliers de fois
brûlé les yeux de se réveiller ensemble.

Respirer, espérer, respérer, aimer, semer, resemer.

Séquence émotion ce matin, coup de fil de l'école où Petite Princesse venait de se fracasser le nez sur une bordure de trottoir. Passage éclair chez le dentiste, pour se rassurer. Bilan : une lèvre et un nez de boxeur, un front qui commençait déjà à virer au bleu. Plein de bisous petit cœur.

mercredi 6 février 2008

La lumière de cinq heures du soir


Baie de Nauplie, Grèce, cinq heures du soir, février 2005

"Cinq heures du soir, me semble-t-il maintenant, n'avait pas été choisi en vain ou pour la seule lumière dorée, le rêve avait été lui aussi éduqué : cinq heures, c'est l'instant où l'on peut se permettre de prendre du plaisir, lire, rêver, activités interdites aux premières heures du jour. Le rêve n'enfreignait pas les consignes, en respectait la lettre. Et bien qu'alors je n'eusse pas du tout relevé la puissance de l'information (de formation) contenue dans le récit sous la forme "lumière de cinq heures du soir", l'attribuant à sa seule mélancolique beauté, je dois bien avouer que cette pause rituelle de cinq heures rythme encore pour moi le temps, comme une respiration rendue soudain possible."

Anne Cauquelin, "L'invention du paysage", PUF

mardi 5 février 2008

A chaque saint sa chandelle


Photo, une palissade à Narbonne, mars 2007.

Je m'endormirai moins bête que je ne me suis levé. Si, si.
En cherchant une digne citation pour illustrer cette image du mythe éternel du Sauveur, je suis tombé sur quelques saints et expressions que je ne connaissais pas.
Je ne savais pas que la colique de saint Mathurin désignait la folie, qu'il existait un saint Tranquillin pour la paresse et que le mal de saint Fiacre désignait canoniquement les hémorroïdes. Je ne sais pas s'il existe un saint patron des garagistes, mais j'aurai au moins fait un heureux aujourd'hui.

Je vous laisse avec mon préféré, le Tranquillin sus-nommé et retourne à mes copies. Beurk.

lundi 4 février 2008

Le désir est un point aveugle


J'aime bien, parfois, relire ou parcourir les livres sur lesquels je travaillais quand j'étais jeune et beau, brillant étudiant, poil aux dents.

"Par définition, le désir est un point aveugle vers lequel on tend parce qu'on espère trouver un plaisir souverain, un ravissement de l'être. Il ne se confond pas avec l'envie, qui est le désir d'une chose connue. Le lecteur qui aborde un livre est sans cesse porté au-delà de ce qu'il est en train de lire par la promesse d'un dévoilement essentiel, qu'il s'agisse du dénouement d'une intrigue romanesque, de l'appréhension du mystère d'une vie ou d'une compréhension plus large de l'univers. Les intrigues amoureuses sont sans doute les plus susceptibles de provoquer le désir du lecteur parce qu'elles lui permettent de projeter son propre désir d'amour : on ne lit jamais avec autant d'intérêt que lorsqu'on croit retrouver un écho de sa propre vie et de ses passions."
Christian Vandendorpe, "Du papyrus à l'hypertexte", La Découverte

Photo : Montolieu, 2007

dimanche 3 février 2008

Dormir au lit profond creusé des eaux vierges


Z'avez vu ? J'ai même pas venu hier. Alors, c'est plus Une par jour ?

Pas le temps d'en écrire davantage, le taf n'attend pas quand il a attendu tout le week-end, week-end couette-DVD-petits plats-sortie à Montauban où je n'avais pas remis les pieds depuis combien, quatre ? cinq ans ?

J'ai versé une larme devant "Modigliani" avec Elsa Zilberstein et beaucoup aimé "Total Khéops" adapté du roman de Jean-Claude Izzo, parce que j'ai un faible pour cet écrivain trop vite parti et cette ville de Marseille qu'on m'a fait découvrir l'an dernier.

Pourquoi, mais pourquoi, ce sont toujours les stylos dont on a besoin que les enfants abandonnent non rebouchés et qu'on retrouve secs quand on en a besoin le dimanche soir ? Pourquoi ?
P'tits cons va, je vous aime et vous me manquez.

vendredi 1 février 2008

La vie glorieuse de l'homme assis








Chaque soir, espérant des lendemains épiques,
L'azur phosphorescent de la mer des Tropiques
Enchantait leur sommeil d'un mirage doré.

José Maria de Heredia, "Trophées"

Qui était-il, cet homme des Cyclades, devant lequel je me suis si longuement arrêté dans la pénombre d'un musée athénien, croyant rèver les yeux ouverts, persuadé que désormais je vivrais, que le monde m'appartiendrait ?
Buvait-il pour fêter un heureux évènement ?
Buvait-il seul pour oublier, ou avec d'autres ?
Etait-ce la cigüe ou le vin résiné de Corinthe ?