jeudi 30 avril 2009

Coup de vieux (2)

 
 

 
 
L'inspiration s'est tarie, le clavier demeure aussi sec que ma plume, le temps passe trop vite.

Muse, où êtes-vous ?

J'ai besoin d'Elle, j'ai besoin d'ailes.

mercredi 29 avril 2009

Coup de vieux




Il y a des jours, comme ça. On se réveille et on prend un coup de vieux. Un vrai.
Même pas mal (sauf aux dents). Mais n'empêche.

C'est aujourd'hui l'anniversaire de Petite Princesse, qui du haut de ses neuf ans tout neufs attend désespérément de voir pointer le début d'une ébauche de soupçon de nibards. Allez savoir pourquoi, ça aura été l'interrogation métaphysique de l'année passée pour ma gonzesse qui "chausse" toujours du 40 bonnets XXS, dans l'attente de pouvoir dans quelques années cacher deux maigres oeufs sur le plat dans un bikini estival. C'est comme ça, peut-être parce que je suis un mauvais père et que j'aurais dû attendre pour résilier son abonnement à Wapiti et prendre celui à Jeune et Jolie.
N'empêche, rien ne presse.

Pourtant, elle est belle et toute belle ma Petite Princesse, qui pour le moment s'allonge en deux dimensions seulement et grandit quinzaine après quinzaine, une Grande Asperge montée sur des jambes de gazelle, qui n'a que le poids de ses neufs ans à soulever pour escalader les parois sur lesquelles elle grimpe chaque semaine. Une Sauterelle impossible à habiller, il faudrait quasiment du sur mesure, tour de taille 6 ans et longueur 12 ans, une Sauterelle qui m'arrive sous le bras et que je soulève encore d'un bras.

Neuf ans, c'est le plus bel âge, depuis qu'avec son quart de frère, comme elle l'appelle, ils se sont mis en tête qu'ils avaient 18 ans à eux deux, et que les parents, ben, c'est plus ce que c'était, et qu'ils se sont mis en tête de s'autonomiser. C'est qu'elle en a pris, en un an, de l'autonomie, cette Petite Princesse qui restait scotchée à son Pôpa, qui n'est plus là maintenant que pour les câlins occasionnels et le bisou du soir, quand il faut sécher les larmes de la peur du noir.

Neuf ans et ma gonzesse s'est découverte fille. Certes, elle disposait déjà d'un fonds féminin visible, faire la gueule, elle savait déjà. Mais Petite Princesse a aussi vu entrer une femme dans sa vie, une vraie, qui ne soit pas sa maman, mais qui sache l'aimer et dont elle s'est éprise. Vraiment.

Il y a neuf ans se levait un rayon de soleil dont je ne savais pas encore quelle serait sa lumière, sa couleur et sa chaleur. Bon anniversaire à toi, ma Petite Princesse.

mardi 28 avril 2009

Sagesse dentaire à quatre mains


-Fantômette- C'est dit, nous devons avoir 32 dents. Cette programmation génétique date d'une époque où la machoire avancée nous mangions cru ou peu cuit. Même programmation génétique du temps où nous courrions dans les bois, à moitié nus et pour réagir au 'stress' c'est-à-dire à l'attaque d'un tigre à dents de sabre par exemple (dont on ne sait toujours pas non plus à quoi elles pouvaient lui servir), on sécrète de l'adrénaline pour pouvoir doper nos muscles et partir en courant plus vite.

-Fabien- Comme le dit si sagement Petit Prince du haut de sa sagesse dont il ne porte pas encore les dents, l'Homme descend du singe et toi (il parle ici à son père) tu es tombé de l'arbre. Donc, merci Fantômette d'étaler ici mes misères dentaires, puisque bien que génétiquement programmé à disposer de 32 dents, à produire de l'adrénaline pour échapper au tigre à dents de sabre ou courir derrière le bus qui, pour une fois, était à l'heure, et de la testostérone pour assurer la perpétuation de l'espèce lorsque mon chemin (que je suis totalement nu, mouaaaa) croise celui d'une femelle proche de mon espèce, j'ai effectivement perdu une dent et la sagesse qu'elle contenait, mâchouillant désormais en lieu et place une compresse.

- Fantômette- Fort de ce constat, à quoi nous sert de courir lors d'un entretien d'embauche et que l'on se sent stressé? L'adrénaline dans ce cas là, se transforme en sueurs froides, qui laissent des auréoles du meilleur goût sur le chemisier, nous fait bafouiller et paralyse toute réponse évidente d'un niveau CE2. L'adrénaline dans le stress quotidien ne nous sert donc à rien si ce n'est à être encore plus stressé. On reviendra sur le stress plus tard sujet à lui tout seul, tant il explique les 3/4 des maux actuels de la terre (vous avez mal au dos? au ventre? à la tête? aux dents? aux cheveux? à votre ego? C'est le stress ma bon'dame).

-Fabien- J'ai effectivement découvert hier le stress des dents de sagesse que je conservais jusqu'alors pieusement au même titre que la sagesse. Sagesse que j'espère ne pas avoir totalement perdue, même si mon grand âge avançant au même rythme que la pousse de mes cheveux blancs destinés à mettre en valeur une calvitie bien entamée, ce grand âge devrait donc me procurer la sagesse perdue dans le haricot en métal du chirurgien assermenté. Mystère de la nature, il suffit de tirer fort sur une racine dentaire pour faire transpirer de sueurs froides et tordre la colonne vertébrale. Mystères de la nature, peut-être est-ce là une programmation génétique ancestrale qui remonte à la Préhistoire et au plaisir que trouvaient nos ancêtres à consommer des huitres non ouvertes.

-Fantômette-
Revenons donc aux dents.
Il en va de même pour le dérèglement génétique. Qui peut se targuer aujourd'hui d'avoir toutes ses dents? Pour ma part un orthodentiste dans ma jeunesse avait décrété qu'elles n'auraient pas la place de pousser les fameuses dents dites de "sagesse". C'est à peine si je marchais déjà que je savais donc qu'elles me seraient arrachées à l'adolescence dés qu'elles montreraient le bout de leurs racines. J'ai eu beau avoir le temps de me préparer, je revois encore dans mes cauchemars, la dentiste me tirer allégrement sur la tête avec des pinces dans la bouche, le visage déformé dans un rictus d'insatisfaction devant la dent qui résolument était encore ancrée dans l'os. Quand toute mon adrénaline primaire me criait de partir précipitamment, je restais sagement assise dans le fauteuil. Le pire restait cependant à venir, dans les jours qui suivirent où ressemblant à un hamster, je souffrais de la plus horrible des douleurs. Et tout cela pourquoi? Ne me sentant pas moins sage, je n'ai donc que 28 dents, pour manger ma viande très cuite (le tartare est toujours haché), mes compotes, mes fondants au chocolats, mes chips ou mes hamburgers Mac'Do' qui sont déjà prémachés.
Alors pourquoi, hein pourquoi, nos gênes continuent ils à nous programmer autant de dents si on n'en a plus besoin? Est-ce sinon un lobbying des dentistes ayant peur de perdre leur travail ou la foudre divine qui refuse que nos progrès de vie soient plus rapides que notre adaptation génétique?

-Fabien- C'est qu'il ne s'agit là que d'un prolongement de l'extraction de l'Homme de la nature vers la culture qu'il cultive à coups de bombes atomiques, consoles de jeux et Iphone en implants directs. Car après avoir taillé le silex, sculpté la Dame de Brassempuy, modelé des déesses de la fertilité en Mésopotamie aux seins proéminents et aux hanches confortables, l'Homme est aujourd'hui devenu prothésiste dentaire et poursuit ainsi sa quête pour se détacher chaque jour un peu plus de la nature et s'éloigner de l'arbre dont il est tombé.

vendredi 24 avril 2009

Espace de Planck


Il y a des beautés que l'on a contemplées.
Il y a des visions que l'on aime à se remémorer en fermant les yeux.
Il y a des mains dont on sait qu'elles vous accompagnent à tout moment.
Des instants pas plus grands que ceux de Planck, mais dont la lumière se réfléchit à l'infini.

Tout cela nous aide à sourire le matin, à trouver le courage d'affronter nos peurs.

Fantômette du vendredi

jeudi 23 avril 2009

Le jour où je fus le centre du monde




Ce qu'il y a de bien avec moi, c'est que je dégage naturellement un tel sex-appeal que les femmes se sentent en général très à l'aise avec moi. Du moins en face à face, parce que face à moi n'émane guère de désir de face contre face ou de pile et face.

Pas plus tard qu'un soir de cette semaine, je partageais le couvert d'une jeune et jolie jeune femme qui, plutôt qu'une découverte approfondie de mon corps d'éphèbe, tenta vainement de m'expliquer la théorie des cordes et réussit en quelques réflexions mathématiques à faire éclater mon maigre vernis culturel et la densité de mes capacités conceptuelles proches de celles d'une chèvre. Habituée à fréquenter Maîtres de Conférence et Professeurs de Rang, je fus donc réduit à coordonner à la fois circonvolutions des synapses et brassage intense de la sauce blanche pour émettre à intervalles irréguliers et longs un mot en rapport avec le sujet et sourires de veau pour ne pas passer pour encore plus inculte, voire d'un désintérêt pour la question qui fut inconvenant. Pourtant, la question m'intéressait, mais nous ne nous posions pas les mêmes.

Ainsi donc, moi qui ai du mal à faire quelque chose de mon corps et encore plus de celui d'une femme dans un espace matelassé en deux dimensions de 2,80 mètres carrés, la jeune femme dont la vue en 3D des formes généreuses suscitait déjà chez moi interrogations et, je le concède, désir, la jeune femme m'embarqua donc dans la quatrième dimension, dans un espace temps où je me perdis dès l'entrée, un peu comme quand vous cherchez une paire de lacets chez Auchan ou un interlocuteur qui puisse répondre à votre question à la Sécu.

Moi qui me voyais éventuellement partager la chaleur d'une couette et, pourquoi pas, d'un corps féminin, angoissé à l'idée que si ça se trouve, son lit n'était pas un 140, mais un 120 ou un 160, ce qui risquait de remettre en cause les quelques repères spatiaux nécessaires aux mouvements désordonnés et vains de mon corps, je me retrouvai seul, campant sur le Pôle Nord, désorienté et perdu, désespérément seul.
Désorienté, parce qu'au Pôle, il n'y a plus que le Sud. Est et Ouest disparaissent, on peut tourner en rond comme un chien qui court après sa queue, ce qui correspond grosso modo aux capacités de mon cortex frontal les jours de grande forme, on ne fait que tourner, sans repères, la seule issue étant le Sud.
De plus, la mesure du temps est annihilée, du fait de l'absence de longitude. Certes, à l'endroit où m'avait placé la jeune femme (au Pôle, toujours pas dans sa chambre), mon biorythme continuerait à dérouler son fil vers une fin inéluctable, vers la rencontre avec la Grande Faucheuse qui ne suscite en moi aucun émoi érotique. Mais le temps des hommes aurait disparu. Au mieux, je pourrais descendre vers le Sud, après avoir arrêté de tourner derrière ma queue (c'est une image, hein !), et choisir mon fuseau horaire, donc mon heure, et mon jour, selon le Sud que j'aurais choisi.

Discordance du temps, des temps et des espaces. Tout seul assis sur le Pôle Nord, un homme placé là vivrait donc dans un espace-temps propre, distinct des autres espaces-temps du reste de la Terre, un peu comme cette jeune et jolie jeune femme et moi vivions en face à face des espaces-temps que mon sex-appeal légendaire échouait à connecter.

Je hais les chercheurs, la physique quantique et les mathématiques théoriques.

mardi 21 avril 2009

Le verbe bovin


Il y a un verbe, beau, parce qu'il dit les émotions, qu'on ne peut ni écrire ni prononcer pour dire ce qu'on ressent.
Vraiment.
C'est injuste.
Au risque de faire sourire ou rire l'Autre de ses sentiments pourtant beaux.

On peut dire "Je suis ému".
Mais essayez de dire pourquoi, vous êtes ému.
J'aimerais dire "tu m'émeus".

C'est bovin.

Et pourtant, j'aimerais un jour qu'elle soit ma femme, pour être son homme, caresser son ventre rond, pour être le père de son enfant. Pour le jour où nous avons nagé sous l'eau, sa main dans la mienne.

lundi 20 avril 2009

Saute, vieux con !


 
 
Il y a trois problèmes avec les vieux cons comme moi.
C'est qu'ils se souviennent des fois où ils ont déjà sauté, des fois où on les a poussés avant ou après l'élan, la douleur de la chute mauvaise, la convalescence, le croche-pattes...
Le deuxième problème, c'est qu'ils savent reconnaître le bonheur avant de l'avoir perdu. Et qu'ils perdent trop de temps et d'énergie avant de sauter, d'oser sauter.
Le problème enfin avec les vieux cons, c'est que la pauvreté de leur vie sexuelle est derrière eux, et qu'après avoir rencontré La Femme, ils se retrouvent obsédés de ce qu'ils voudraient vivre avant le dernier saut, le tout dernier.
 
 

samedi 18 avril 2009

Déclaration de naissance

 
 



Hossanna, il est né le divin enfant.
Priez mes frères, à genoux mes sœurs (ben oui, c'est mon fantasme).

Non, non, que l'on se rassure, je ne suis en rien pour les rondeurs du ventre de Fantômette sur lequel j'aime à poser ma tête. Pas de cinquième petite tête blonde s'ajoutant aux quatre que nous avons déjà. Sauf que c'est vrai que le jour où le ventre de Fantômette s'arrondirait de nouveau, j'aimerais en être responsable.
Passons.

N'empêche, le Pôpa est fier de vous annoncer la naissance du manuel auquel il a participé et tient enfin dans ses mains tremblantes un superbe bouquin sur lequel coulent des larmes d'émotions. Après des semaines sur la corde raide, à gérer le boulot à flux tendus, et avant qu'il n'envahisse les salles des prof's dans quelques jours, je m'en vais essayer de le lire, tâche on ne peut plus difficile tant j'ai déjà l'impression de le connaître par cœur.

Merci à Fantômette de son ventre, de son aide et de sa patience tout au long de ces semaines.
 
 

vendredi 17 avril 2009

Lost in Translation

 
 

 
 
Le niguane est un con.
Il ne s'encombre pas de sentiments ni de la moindre humilité.
Frimeur, hautain, fier et viril, il monte sur un rocher pour dominer son territoire et affirmer qu'il est le plus fort et les certitudes sur lesquelles il se repose.

Le niguane est un con.
Il campe tellement sur ses certitudes qu'il ne voit même pas la machette qui fera de lui un colombo pour touristes.

Le niguane est un mâle. Un vrai.
C'est peut-être là sa chance.
 
 

 
 

jeudi 16 avril 2009

Ah, si seulement

 
 

 
 
Si ma grand-mère avait eu un peu plus les pieds sur Terre, c'est sûr, j'aurais voté Sarkozy. Faut comprendre, si elle avait déposé un brevet à temps, ses petits-enfants dont je suis seraient assujettis à l'ISF et heureux bénéficiaires du bouclier fiscal.

Tout a commencé à l'automne 1940 quand les restrictions se sont renforcées et que, dans un élan de solidarité et de désœuvrement en attendant que mon grand-père sorte de captivité, elle s'est lancée dans la confection et la distribution de clafoutis en veux-tu en voilà. Sauf que, dans ces temps de privations et de restrictions, où les dénonciations à la Gestapo ou à l'administration de Vichy rapportaient plus que le tiercé, Mémé ne pouvait s'improviser centre de distribution sans être taxée de marché noir, pas plus que les amies qui bénéficiaient de ses largesses pâtissières ne pouvaient se promener impunément dans la rue une part de clafoutis sous le bras.

Or donc, mon grand-père étant cheminot, Mémé s'approvisionnait auprès de ses collègues non détenus en boites de bakélite dans lesquelles arrivaient les rivets de 12 ref. A234-B12, boites dans lesquelles chacune des participantes à ces réunions amicales cachait sa part de pâtisserie, et pouvait ainsi la conserver quelques jours.

En ces temps troublés, où l'approvisionnement en œufs et en farine était pour le moins irrégulier et anarchique, et où participer à l'alimentation d'un marché parallèle était passible de peine de mort, Mémé tenait réunion quand elle le pouvait, sans pour autant le faire savoir par voie d'affichage ou de message diffusé au porte-voix. Aussi avaient-elles, ses amies et elle, mis au point un code, un signe de ralliement et de reconnaissance, pour s'informer mutuellement au sein de la file d'attente devant la boucherie ou la boulangerie, de la tenue d'une réunion clafoutis.

"Demain, tu peux venir voir", message transmis de bouche à oreille sous l'œil indifférent et peu perspicace du gendarme préposé au bon alignement des ménagères attendant d'échanger leurs tickets de rationnement contre quelques grammes de foie de génisse.
"Demain, tu peux venir voir", très rapidement devenu, pour des raisons de commodité et de sécurité, "Tupperware".

C'est ainsi que, si elle en avait déposé le brevet à temps, Mémé qui avait été l'inventeur de la boite plastique alimentaire hermétique serait aujourd'hui à la tête d'une fortune colossale et ses petits-enfants à l'abri du besoin et du bouclier fiscal.

Chienne de vie.

mercredi 15 avril 2009

Fruits défendus

 
 



 
 
Calibrage et pesage d'un potentiel érotique.
C'est beau, énigmatique, attirant, brillant en surface.
Mais presque immangeable.
Damned, j'espère ne pas être la réincarnation d'une pomme tropicale.

mardi 14 avril 2009

Décalage horaire



"Et je sais qu'aujourd'hui, je reviens au pays, sans argent, fatigué mais heureux"
Extrait des Rosemary's babies

jeudi 2 avril 2009

Friche numérique

Hier, c'était le jour du poisson, celui qui revient une fois par an, pas seulement le vendredi. On en a profité pour se réunir en conclave, à deux, c'est plus simple, plus convivial des fois aussi. Mais bon. Voilà, avant de partir, on a bien réfléchi, et après avoir hésité à écrire au pape, on s'est dit qu'on visitait souvent des églises. Et que dans les églises, il y a des troncs, vous savez, pour le don, pour les deniers du culte. On a donc pensé que maintenant, quand on visiterait une église, on laisserait un don dans le tronc. Tout beau, tout neuf, tout propre et tout brillant : un préservatif dans son emballage.

Voilà, en attendant, il y aura Paris, puis un vol long courrier pour les tropiques.
Sans garantie de connexion à internet.
Il se peut donc que ce blog s'endorme quelques temps, que les herbes folles s'installent à la faveur des beaux jours.
On se retrouve bientôt, lecteurs, lectrices, je vous embrasse.


mercredi 1 avril 2009

Ca y est, on déménage



Il est chouette, mon Petit Prince. Si, croyez-moi.

Bon d'accord, il a quelques menus défauts, il est encore très égoïste, il planque ses mauvaises notes, il est passionné au point d'en devenir monomaniaque et insupportable, il refuse de se coiffer et ressemble à Chubaka, comme tout bon pré-ado, se changer revient, dans le meilleur des cas, à changer de caleçon en gardant le pull qui fait à la fois office de vêtement, survêtement, pyjama, veste d'escalade, poteau de buts dans la cour, serpillière occasionnelle et oreiller de bivouac, il n'a pas échappé à une attaque d'acnée et ses joues ressemblent de plus en plus à une part de clafoutis, il a une conscience politique précoce qui me valut une convocation par le directeur de l'école au lendemain d'un funeste jour d'élections où Petit Prince grava "Nique Sarko" sur le portail de l'école, il a hérité d'une dentition qui divise la communauté scientifique internationale puisqu'elle relèverait génétiquement à la fois du gnou du Lac Victoria et du requin bleu, alors qu'il me semblait bien ne pas être en déplacement au jour de sa conception, mais ça reste un mystère.

Donc, Petit Prince est adorable. Et même que je l'adore.
De plus, il a hérité de deux choses de son père. Le pauvre (lui, pas moi !). D'une part, une sensibilité exacerbée qui le rend malheureusement trop peu sûr de lui, mais aussi, du sens de l'humour paternel.

Dernièrement, dans le métro, j'entends un homme éclater de rire. C'était simplement Petit Prince qui expliquait à l'Asticot, le plus petit de ses quarts de frères, que la machine lui avait rendu son ticket sans ouvrir la porte parce que le petit Roumain qui était dedans n'avait pas eu le temps d'appuyer sur le bouton.

Même que j'ai eu un peu honte.