vendredi 28 mai 2010

Fantômette pose nue, ou presque !


Il y a des jours comme ça, des nuits, des semaines, des saisons, les mots tombent à l'eau qui les délave et ne laisse que des cartilages sans couleurs qui ne touchent plus personne. Il y a bien des choses indicibles que l'on renonce à partager, parce que le silence vaut mieux que le flot des mots qui s'échoue en ressacs. Parce qu'il est des émotions qu'on ne peut partager. Ou qu'on renonce à partager.
A tel point aujourd'hui que je ne veux pas vous emm... avec mes mots, j'efface la suite et l'envoie sur demande seulement. Même pas sûr, d'ailleurs.

Aussi, quand ses propres mots ont déteint dans cette eau que l'on ne boit plus qu'à la paille, on emprunte les mots des autres, forcément plus beaux. Forcément.
Les mots d'une femme. Mais j'adhère à tout, tant pis, faute d'être homme, je suis humain, donc liquide moi aussi.

A ces eaux qui frémissent et s'irisent encore à l'idée de tendresse, de sensualité, de couettes et de cocons de douceur, merci.

Non je ne suis pas forte
Mais je ne veux pas qu'on me porte
Non je ne suis pas forte
Mais je ne veux pas qu'on m'escorte
Non je ne suis pas forte
Mais jamais ne m'arrêterai

Non je ne suis pas grande
Mais je ne veux pas qu'on m'attende
Non je ne suis pas grande
Mais je voudrais bien qu'on m'entende
Non je ne suis pas grande
Mais jamais ne m'allongerai

Non je ne suis pas solide
Ca c'est la nature qui décide
Non je ne suis pas solide
Je suis cassable, je suis passable
Je suis liquide

Non je ne suis pas belle
Mais je ne veux pas qu'on me le rappelle
Non je ne suis pas belle
Mais ça dépend à quelle échelle
Non je ne suis pas belle
Mais tout arrive on sait jamais

Non je ne suis pas solide
Ca c'est la nature qui décide
Non je ne suis pas solide
Je suis cassable, je suis jetable

Je suis liquide de sueur et de confusion
Je suis liquide comme la lave en fusion
Je suis liquide et deviens flaque en un clin d'oeil
Je suis liquide comme la rosée sur les feuilles
Je suis liquide en écoutant couler mes veines
Je suis liquide en regardant couler la Seine
Je suis liquide quand je t'ouvre mon sillage
Je suis liquide et je t'accueille en mon village

Non je ne suis pas solide
Ca c'est la nature qui décide
Non je ne suis pas solide
Mais mieux que ça

Non...

Jeanne Cherhal
Je suis liquide, à savourer ici jusqu'à plus soif

2 commentaires:

Fantomêtte a dit…

Liquide de fatigue ça existe?

Fabien a dit…

Autant se ressourcer dans une chaude mer d'huile pour oublier la fatigue