samedi 27 novembre 2010

Le prix d'un timbre

Je ne sais pas vous, mais moi, c'est de plus en plus rare que le facteur dépose une vraie lettre dans la boite, avec une adresse manuscrite, à mon nom. Tout passe maintenant par internet.



Or, hier, parce que Fantômette m'appelait pour savoir si son ami de chez Bofrost, le livreur de surgelés qui la fait tant fantasmer dans sa combinaison bleue et orange, avait laissé un avis de passage qui aurait éventuellement attisé sa libido du vendredi soir, je suis tombé sur LA lettre.

Une comme on n'en fait plus, avec une vraie enveloppe et un vrai timbre.
Et dedans, un bout de papier cartonné de la couleur du papier hygiénique que l'on ne trouve même plus ailleurs que dans les colonies de vacances des Scouts de France, couvert d'une écriture manuscrite m'annonçant que

"Monsieur et Madame C. et M. X ont la douleur de vous faire part du décès de leur belle-soeur L. à VsO."

Point.
Pas un mot de plus.
Pas de date.
Juste vingt-cinq mots écrits à la main.

C'est seulement après que j'ai compris !
Monsieur et Madame C. et M... c'était mes parents !
et leur belle-soeur L., ... c'était ma tante !

Enculés, va.

Elle a été enterrée avant-hier, après s'être battue pendant dix ans contre ce qu'on appelle pudiquement une "longue maladie". J'espère qu'elle repose maintenant en paix, loin de l'hypocrisie et de la méchanceté de certains.
Personnellement, ces gens me font gerber.
Et ce n'est pas la première fois.

Faites gaffe, C. et M., la connerie aussi est une longue maladie, encore plus sournoise qu'un crabe cancérigène, parce que ça fait plus de soixante que vous la portez en vous sans même en avoir conscience.

Hasard, en jouant sur le site que j'avais mis en lien ici avant-hier avec Petit Prince, qui en son temps fut aussi le petit-fils de Monsieur et Madame C. et M. qui furent aussi mes parents, le résultat a donné ça.



Même le hasard peut être complice de tels gens ?

Que mes lecteurs et lectrices veuillent bien excuser ce coup de gueule face à l'humeur du jour.
Paraît que je me plains tout le temps.
J'ai juste parfois l'impression d'être pris pour un chien.

.

12 commentaires:

Elsaxelle a dit…

Aucun mot pour qualifier une telle attitude. Ce n'est même plus de l'indifférence, c'est carrément du mépris ignoble.
Un chien... pire car de temps à autre, l'animal reçoit des caresses. Toi, c'est l'abandon du chien condamné à l'errance par tes géniteurs. Le dégoût est communicatif.
Des pensées pour toi et j'espère des rayons de soleil... aussi.

Fabien a dit…

Merci Elsaxelle, il y a des mots comme certains bonbons à la menthe : ça fait du bien pendant, et le goût dure longtemps après encore.
Merci, merci, bon week-end à toi

Melissa B. a dit…

What a stunning snap...thanks so much for sharing!

'Tsuki a dit…

Ah.

Je vois que toi aussi, tu as des parents bien coooool... Ca me rassure, je croyais que ma mère était d'un modèle unique, en fait.

Ou pas, d'ailleurs, côté rassurement... C'est tellement minable, comme comportement...

Je te présente mes plus sincères condoléances. Pour ta tante. Et pour tes parents, d'ailleurs

Resquiat non en pacem.

'Tsuki a dit…

Ah oui et ce fameux site générateur de titre... Moi aussi j'ai découvert que le hasard qui lui fait sortir des couvertures de façon aléatoire me parle d'une façon presque diabolique, tellement c'est précis...

Fabien a dit…

Merci 'Tsuki, le plus difficile est encore de faire le deuil de ce qui n'a pas matériellement, physiquement, disparu, à quoi il faut tourner le dos, se blinder, plonger son coeur dans l'acier nickelé et se boucher les oreilles au Kevlar.
De se dire que les cons sont partout, plus sournois encore qu'une épidémie de cholera en Haîti.

Fabien a dit…

Thanks Melissa for words and attentions

fan a dit…

C'est si difficile à vivre quand le mépris et la connerie sont malgré tout si proches... peut-être qu'à ta naissance il y a eu un échange de bébé à la maternité ??

Fabien a dit…

Un échange de bébé, je n'y avais pas pensé, Fan.
Etant né l'année du vote de la loi Neuwirth qui légalisait la pilule, je me disais que j'étais peut-être un des derniers avortons de l'hypocrisie de la France gaullienne bien pensante avant que ne vienne un an plus tard l'hypocrisie de la libération sexuelle.
N'empêche, on finit parfois par se rèver vraiment orphelin, pour se rèver une vie qui n'aurait pas été qu'une suite de coups de pute.

tatiana a dit…

magique la première....

Pastelle a dit…

Oups.
Difficile de commenter.
Je ne suis pas encore remontée jusqu'au bout de ce blog, je ne connais pas l'histoire.
Mais impossible aussi de passer sans rien dire.
Alors juste je dépose une pensée douce, mode baume au coeur pour gros bobos.
Terriblement désolée pour toi.
Et je rejoins le commentaire de Tsuki pour les couvertures de livres, c'est assez "diabolique"...

Fabien a dit…

Merci pour ton passage et tes mots Pastelle, ce sont des mesquineries de gens mesquins dont j'essaie en général de ne pas trop faire état ici, sauf quand je n'en peux plus...