Je vais être franc, j’adore les fleurs et le parfum doux de l’érotisme qui les entoure.
Parce qu’une fleur, c’est joli.
C’est comme le miel.
Mais surtout, une fleur, c’est symbolique.
Actualité commémorative oblige, certaines de mes plus jeunes collègues vont encore demander au vieux sage que j’incarne à leurs yeux malicieux de leur raconter par le détail, mais j’appartiens à la génération qui a vu Mitterrand entrer au Panthéon une rose rouge à la main et donner la main à Helmut Kohl devant une gerbe commune offerte aux poilus, franchouillards et teutoniques, avant de s’abandonner lâchement aux bras virils et boches de l’infâme ennemi, mais Mitterrand n’était déjà plus à une trahison près, lui qui avait déjà revendu sa médaille vichyste au marché noir à l’approche des Gi’s de Château-Chinon.
Cela dit, quand on connaît Château-Chinon et sa joie de vivre comme j’ai eu l’occasion de l’expérimenter dans ma tendre enfance, on comprend que ses jeunes soient prêts à collaborer à n’importe quoi et avec n’importe qui, pourvu que cela créé une quelconque animation en dehors de la foire aux bestiaux hebdomadaire. Cela reste un mystère qu’après les montagnes afghanes les Talibans n’aient pas encore tenté de recruter dans le Morvan tant ce pays transpire la morosité et l’ennui, quand le brouillard se lève.
Ce qui importe donc est la symbolique des fleurs.
Parce que les fleurs, c’est joli. Surtout comme cadre et support aux ébats avec une femme belle, intelligente et entreprenante, à la robe longue et à la cuisse accorte, sous un soleil généreux, un peu comme les photos de David Hamilton qui bercèrent ma jeunesse et la virilité des premiers fantasmes qui allaient avec. Sérieux, imprimez bien la check liste qui précède, parce que les conditions sont rarement réunies au même moment, au milieu des fleurs ad-hoc et avec la femme présentant les qualités sus-mentionnées.
La dernière fois que j’ai cru les conditions réunies, je n’avais pas vu « tout le monde qui nous regarde… » et même après, dans le temps imparti à calmer mes ardeurs campagnardes et frivoles, j’avoue n’avoir vu personne en dehors de quelques cyclistes qui s’époumonaient sur la route en fixant le fonctionnement de leur pédalier et le galbe de leurs mollets.
Ainsi donc, les fleurs, c’est génial pour folâtrer, mais il est encore plus important que les deux (ou plus, c’est vous qui voyez) partagent au moins un état d’esprit relativement similaire.
Les fleurs, c’est super aussi pour signifier à une femme jeune, belle et intelligente qu’on l’inviterait bien au restau et plus si affinités, même qu’on peut se passer de restau pour passer directement aux affinités et plus.
Les fleurs sont également utiles pour rappeler à une femme jeune, belle et intelligente qui partage chaque soir votre lit qu’un jour, ben oui, un jour, ce fut elle qui accepta un restaurant avant de se livrer à des affinités que la morale réprouve mais qui font tellement de bien dans le corps et dans la tête.
Les fleurs sont également très belles et très pratiques sous forme d’autocollants colorés pour masquer les rayures et autres accrocs sur une voiture ou pour rappeler à maman qu’on ne pense à elle seulement à l’approche de Noël, même sous forme d’autocollants colorés.
L’un des usages les plus fréquents des fleurs est également la couronne déposée sur la tombe du défunt encore tiède en courant chez le notaire pour se partager les maigres reliquats de la vie terrestre de Tonton André.
Bref, j’adore les fleurs, en photo, dans le salon, dans le jardin, en bouquets.
Mais les fleurs, ça donne aussi des allergies, ça pique de ses épines, ça fane toujours trop vite et il faut changer l’eau encore plus souvent que pour les poissons rouges.
Mais surtout, les fleurs, c’est symbolique.
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9 commentaires:
Ce message s'adresse plus particulièrement à tes petits bourgeons : dites les enfants, j'ai trouvé l'idée pour une fête des pères souriante : tenter la chemisette à fleurs. Il adorera !
Bah moi j'avais bien aimé le Morvan, petite région calme aux jolis paysages..... Les fleurs, c'est beau, doux, ça sent bon, ça illumine une journée, un moment....
Merci pour celle de ce matin ;)
Mais c'est le bouquet ! Le Fabien il serait bien fleur bleue, du genre à aller aux pâquerettes pour effeuiller la marguerite...
Très belle photo! Mais c'est une fleur de quoi? Pissenlit? Corète du Japon? Et sur quel support repose-t-elle?
Bon, je crois bien que tu as oublié l'usage le plus courant du bouquet de fleurs: l'homme n'offre-t-il pas un bouquet de fleurs à sa bien aimée lorsqu'il a des choses à se faire pardonner?
He he he! Heureusement ou hélas, mon chéri ne m'en offre pas souvent;o)
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Bises et belle semaine****
Sinon, j'en connaissais un, c'était les bonbons...
Bravo pour cette saillie littéraire... et pour le joli pissenlit qui l'illustre !
- Elsaxelle : la difficulté pour les enfants va être de trouver une chemise à fleurs que je n'aie pas déjà, j'adore !!!!
- Tatiana : étant possiblement originaire du Morvan par mes lointains aïeux, tu comprendras mon malaise et le coût de ma psychanalyse ;-)
- LH, moi, fleur bleue ? Damned, je suis découvert. J'avoue. J'assume.
- Cildemer : faute avouée à moitié pardonnée, je n'offre jamais de fleurs pour me faire pardonner. Plutôt pour le plaisir, même si l'envie se fait plus souvent jour que la disponibilité pour m'arrêter chez le fleuriste, shame on me.
- Christian : merci de ton passage, c'est une fleur du jardin, mais une plantée de nos petites mains, pas un pissenlit, mais... je n'y connais rien.
Une fleur presque sensuelle !
C'est vrai qu'elle est étonnante cette fleur. C'est le cadrage qui la rend énigmatique. Elle est rigolote et elle a l'air tout douce. C'est normal puisque ça met du jaune au coeur :-)
jolie composition.
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