jeudi 23 juin 2011

Désertification rurale


J'aime les ruines pour la place qu'elles laissent à l'imagination.
J'aime prendre le temps d'imaginer ceux qui ont pu y vivre, leurs travaux et leurs passions.
La place laissée à l'imagination est d'autant plus grande que l'on découvre ces ruines par hasard, par surprise, au détour d'une route ou d'un chemin, et que l'on ne sait rien de leur histoire.
Même si dans un pays comme l'Espagne, qui a connu la guerre civile puis la dictature franquiste, on en arrive parfois à imaginer le pire.








Janovas, village aragonais de la vallée de l'Ara, a été évacué et détruit dans les années 1960 pour la mise en eau d'un barrage... qui ne fut jamais construit.
Les quelques quarante familles qui le peuplaient ont été expulsées manu-militari, les maisons éventrées à la dynamite et le village est resté en état. L'école a été détruite sous les yeux des enfants. Le tableau noir a été lavé par la pluie, le bleu des murs s'est terni.

Chaque année, les descendants de la population se rassemblent sur place à l'occasion d'un repas et demandent maintenant réparation en justice.

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4 commentaires:

Pastelle a dit…

Triste histoire, belles photos...

Fantômette a dit…

Des fois même on a imaginé ensemble ce désert...

Fabien a dit…

Savoir parfois se retirer du monde, se mettre en retraite du quotidien

Malyss a dit…

je me disais aussi, abandon certes, mais pas depuis longtemps: la peinture encore bleue, les cordes a linge toujours là.. quelle histoire cruelle! Ici, il y a des villages abandonnés au moyen-âge, a cause du manque d'eau ou d'une razzia fatale. Mais on voit que c'est plus vieux.. Eventrer les maisons?! rien que l'expression fait froid dans le dos..