vendredi 28 juin 2013

Downton Abbey



Dowton Abbey est une série assez géniale pour celles et ceux qui n'ont pas eu le temps, le courage ou le vocabulaire nécessaires à lire l'intégrale de la série Harlequin, parce que l'essentiel du scénario repose sur des histoires d'amour contrariées ou impossibles. Ou les deux.

Tout débute par un fait divers, un refus de priorité d'un pingouin qui conduisait un iceberg tous feux éteints et qui provoque le naufrage du Titanic. Le pingouin fut ensuite accusé de délit de fuite et jamais arrêté. Sauf qu'en plus de Léonardo Di Caprio qui entamera ensuite une carrière d'ambassadeur des produits Picard, on compte aussi parmi les victimes trois chiens, douze chats, "Tintin" le canari du capitaine, et les deux héritiers du domaine de Downton Abbey. Or le titre et le domaine ne peuvent échoir qu'à un mâle, les femmes n'étant bonnes qu'à enfanter, coudre en jacassant et boire le thé, et c'est donc Matthew, un lointain cousin qui doit hériter, et on se dit comme ça que ce serait pas plus con qu'il épouse aussi Lady Mary, l'ainée de la famille, ce qui permettrait de garder tous les oeufs dans le même panier.

Ainsi Matthew, jeune avocat promis à l'héritage du domaine n'arrive pas à s'avouer amoureux de Lady Mary, la fille ainée de la famille, qui semble faire partie de l'héritage, pas plus que Lady Mary ne semble vouloir s'avouer amoureuse de Matthew. Bref, on attend, et on attend longtemps. Merci Kleenex.

Ainsi pour tromper l'attente et les tourments de future épouse de celui qui héritera du domaine, un gros château qui coûte la peau des fesses en entretien, des terres agricoles et les gens qui triment dessus, ainsi donc Lady Mary découvre les plaisirs de la sodomie avec un jeune diplomate turc de passage. Mais crac, certainement allergique au Brandy, celui-ci ne trouve rien de mieux que de mourir dans son lit, la laissant lascive, énamourée mais quand même un peu embarrassée aussi, d'autant que ça finit par se savoir très vite à cause de la jalousie de sa soeur Lady Edith. Merci Kleenex.

Ainsi Anna, domestique au château, finit par avouer son amour à Bates, ancien compagnon d'armes du comte pendant la guerre des Boers, et valet de pied dudit comte. Mais crac, c'était sans compter avec les sournoiseries du reste du personnel qui accuse Bates de voler du vin et de la femme de Bates, froide et intéressée, mais quelle femme ne l'est pas, qui refuse le divorce. Ainsi donc Bates finit par partir et Anna par beaucoup pleurer et nous aussi, parce qu'on aime bien voir les petites gens heureux. Merci Kleenex.

Ainsi Daisy, la jeune et innocente aide-cuisinière s'amourache tour à tour de ses plus jeunes collègues domestiques, mais c'est William, qu'elle n'aime pas, qui la demande en mariage avant de partir pour les tranchées françaises de la Première Guerre Mondiale. Mais crac, parce qu'il ne supporte pas le climat du Nord de la France, à moins que ce ne soit une allergie au gaz moutarde, William revient blessé et gazé, et épouse Daisy qui ne l'aime pas le jour même de son trépas, la laissant veuve de guerre, jouant la comédie et future héritière de la ferme de son beau-père qui croit en la sincérité de ce mariage alors qu'elle ne l'aimait pas. Passe-moi un Kleenex.

Ainsi Thomas, jeune et fourbe valet de la maison, fourbe et homosexuel, s'amourache d'un de ses collègues à qui il fait partager ses faveurs et plus si affinités. Mais crac, le collègue en question est enrôlé dans l'armée britannique, Thomas qui ne sait plus à quel saint se vouer finit sur le front et se mutile volontairement avant de retrouver une place au château transformé en maison de repos pour soldats blessés et de sombrer dans les fourberies et le marché noir. Merci Kleenex.

Ainsi la jeune et pétillante Lady Sybil se découvre politiquement sensible aux droits des minorités de l'époque (femmes, ouvriers, catholiques irlandais, socialistes, chevaux de trait, enfants travaillant dans les mines...) mais aussi secrètement amoureuse. Mais crac, son amoureux n'est autre que le chauffeur, personnage incontournable à la conduite et à l'entretien de la première automobile du domaine, mais certes pas incontournable à la conduite et à l'entretien de la cadette de cette noble famille. Merci Kleenex.

Ainsi Matthew, à qui Lady Mary n'a toujours pas déclaré sa flamme, présente à la famille sa future épouse Lavinia, jeune et jolie fille d'un avocat du barreau de Londres, tout va bien même si on sent que les tourtereaux Lady Mary et Matthew restent amoureux en secret. Mais crac, voilà-t-y pas que Matthew rentre blessé et accessoirement paralysé du front, paralysé des membres inférieurs, de tous les membres inférieurs, y compris celui du milieu, généralement le plus court, généralement le plus utile pour tout ce qui ne concerne pas les déplacements à courte, moyenne ou longue distance. Bref, en vérité on nous le dit à mots couverts, Matthew ne bande plus.
Mais crac, c'était sans compter avec la grippe espagnole qui décime l'Europe et va bien évidemment laisser Matthew veuf de Livinia avant même le mariage. Merci Kleenex.

Ainsi Lady Mary pendant ce temps sort avec Sir Carlisle, un patron de presse aux dents si longues que des fois on pense à Bernard Tapie, mais en plus maigre et en plus vieux. Certes on suppose que lui bande encore, certes, les trompettes de la fortune et de la renommée sonnent aux oreilles de Lady Mary, mais tout ça sent l'arrangement puisque Carlisle menace d'étaler devant l'opinion publique les frasques libidinales de Lady Mary avec son étalon turc si elle ajourne le mariage. Mais crac, c'était sans compter sur un sursaut pas si inattendu de Lady Mary qui se découvre amoureuse de Matthew et annule le mariage.

Ainsi Esther, une domestique de même pas 20 ans, flirte avec un soldat en convalescence, blond et moustachu, mais tous les goûts sont dans la nature. "Cendrillon, pour ses 20 ans..." Bien sûr elle tombe enceinte, bien sûr elle est foutue dehors, bien sûr lui passe l'arme à gauche à cause d'un scharpnel allemand, bien sûr le beau-père est un gros con qui ne veut rien savoir, bien sûr elle finit par faire le tapin "Cendrillon, pour ses 30 ans..." Sortez vos Kleenex.


4 commentaires:

'Tsuki a dit…

J'adore Downton Abbey. Je suis une très grosse fan et ça fait trois ans que je suis religieusement chaque épisode dès qu'il est disponible en VO sur le net.

Je ne crois pas que ce soit les histoires d'A que je suis dans cette série, parce que en effet, tu le soulignes très intelligemment dans ton article, ça ne vole pas plus haut que la colelction Harlequin (encore que je n'en ai jamais lu, de livre de la collection Harlequin, j'en ai juste (beaucoup) entendu parlé).

Non ce qui me plaît, c'est l'atmosphère. L'anachronisme totale de la servitude de château est super bien rendu, avec cette dichotomie entre la vie des châtelains et celle de leur personnel de maison.

Les costumes, les traditions, le Queen's English... L'atmosphère de la série est très agréable, très immersive.

Ca parle des malheurs et des bonheurs de gros richards, donc dans l'absolu ça devrait me gonfler, mais la réalisation est soignée, la photographie est très belle, les dialogues sont fouillés, certains personnages secondaires sont truculents, (Comme la Douarière)...

Non franchement, à côté de certaines soupes populaires, Downton Abbey est vraiment agréable à regarder.

Fantômette a dit…

Belle défense de la série, parce que au delà de la moquerie, on a aimé aussi pour son côté esthétique justement. Très belles prises. Par contre un peu trop de morts sur la fin de la saison 2, mais il parait que c'est parce que les acteurs sont partis!
Du coup le côté tragique....est un peu lourd

Nat&Fab a dit…

Que le fan-club de Downton Abbey se rassure, j'aime beaucoup cette série aussi : les couleurs, la mise en scène, la lumière font souvent penser à des tableaux impressionnistes, certains personnages comme le majordome sont impressionnants de justesse et de retenue, l'arrivée des innovations qui font la banalité de notre quotidien est très bien rendue (l'automobile, le téléphone...) et l'évolution des rapports sociaux, notamment à la faveur de la guerre, aussi.
Bref, j'aime bien cette série, mais il faut reconnaître que le scénario avance à coups de rebondissements affectifs successifs.

'Tsuki a dit…

Ben la fin de la troisième saison, elle a dû sacrément de déplaire, Fantômette ! ^^

100% avec toi, Fabien. Et le majordome est excellent, en effet.