mercredi 26 novembre 2008

Le propre de l'Homme


T'as pas vu… mes clopes , mes clefs, mon pyjama, mes chaussettes , mon portable, mes lunettes, mon rasoir, mon briquet, mon bouquin…

T'aurais pu me rappeler... que c'était l'heure de manger, que les enfants finissaient l'école à cinq heures, que c'était ton anniversaire, qu'il fallait préparer le repas, que c'était notre anniversaire de mariage, que c'était l'anniversaire de ma mère, qu'on est samedi soir, que Jérôme a eu cinq ans hier, c'est mon fils, quand même, merde…

J'avais pas vu… que tu t'étais acheté une nouvelle jupe, que tu avais changé de couleur de cheveux, que tu avais fait les courses, que tu avais embouti la voiture (la vache !), qu'on est samedi et que tu as mis un string, que tu as changé de boucles d'oreilles depuis ce matin, que tu étais allée chercher les enfants à l'école…

Si j'en crois le digne spécimen de la gente féminine, pur produit de la libération sexuelle (eh, oh, pas trop quand même !) et de l'éducation post-Libres enfants de SummerHill et du MLF que je connais le mieux pour la fréquenter au moins quotidiennement, voilà à quoi se résume un homme. C'est pas glop, comme portrait.

Certes, l'homme occupe l'espace et sème ses objets personnels au travers de cet espace pour se l'approprier. Mais il faut y voir un signe d'atavisme animal remontant au temps des cavernes, ancré dans le cortex reptilien masculin, où, après avoir délimité son territoire en urinant sur les arbres et les pierres faute de grillage à poser et de barbelés à dérouler, après avoir engrossé les femmes de la tribu tout en respectant la sacro-sainte interdiction de la non-consanguinité, ce qui n'était pas nécessairement facile, à la faible lueur des lampes à graisse de mammouth dans la froidure des grottes ariégeoises et en l'absence de livret de famille dûment officialisé, après avoir peint un certain nombre de graffitis dans le fond de ladite grotte faute de digicode vidéo où mettre son nom, l'homme donc assurait la sécurité des femmes face à la violence du monde environnant dans l'espace qu'il s'était donné.

Cela dit, il arrive que cette habitude devienne pathologique. Ainsi, Arielle Dombasle, interrogée sur l'originalité permanente des tenues vestimentaires de BHL, répondait un jour "au moins, comme ça, il fout toujours des fringues partout dans la maison, mais il arrive à les retrouver tout seul".
Et puis l'Homme, lui, n'a pas de sac à main. Ca fait pédé. Donc, il ne peut pas ranger et planquer toutes ses petites affaires.

Certes, l'Homme ne retient pas tout. Mais franchement, Mesdames, laquelle d'entre-vous n'a jamais oublié sa pilule, juste un soir ? Levez la main. Bon, alors !
Et c'est là encore ne tenir aucun compte de millénaires de conditionnement socio-culturel et de sélection des espèces. L'Homme est là pour assurer la survie de l'espèce, la reproduction au sein du groupe et l'équilibre social du groupe. La chasse est héréditaire, l'alcoolisme congénital. Il chasse l'escargot au péril de sa vie, mais la recette de la persillade se transmet de mères en filles. C'est comme ça. Mesdames, la recette du lapin au pruneaux de belle-maman, c'est à vous que belle-maman l'a transmise, ou à son fiston quand il était penché sous le capot de sa voiture ? Donc, les Femmes sont la mémoire du groupe, quand les Hommes en assurent la pérennité. Vous ne pouvez pas leur en vouloir.

Pas plus qu'on ne peut reprocher aux hommes de ne pas tout voir. Une petite voix, bien au fait de la question puisqu'elle appartient à une icône de la chimie française, me souffle en régie, au creux de mon oreillette, que s'il y a plus de chercheurs hommes, c'est parce que les hommes cherchent, pendant que les femmes trouvent. Mais il faut garder à l'esprit que l'attention des hommes ne peut pas se disperser à la couleur ou à la forme des oripeaux clinquants et brillants que les femmes arborent pour éprouver chaque jour leur pouvoir de séduction sur les hommes qu'elles croisent et recroisent au bureau ou dans les couloirs. Sinon, je convertis tout de suite mon Livret A en actions chez Formule 1 et FastHotel, parce que la vie ressemblerait au Satyricon de Fellini. Ce serait le bordel, au propre et au figuré.

Non, c'est simplement que les hommes se focalisent et focalisent leur attention, leur énergie, leurs recherches, sur des sujets fondamentaux. Certes Marie Curie a bien essayé un temps d'assaisonner le radium en son temps, mais pour quel résultat ? Au bout du compte, la bombe A, puis la bombe H, sont-elles le fruit d'hommes, ou de femmes ?

6 commentaires:

Tatiana a dit…

Alors d'abord j'adore la photo !!! Cette expression sur le mur !!!!!!! Géniale !! et puis le texte ;))) Jolie répartie et une description pleine d'humour !! Extra !!! J'imprime et j'affiche, cela m'aidera à ne pas m'énerver quand l'Homme oublie tout ;)

Fabien a dit…

Evidemment, montrer un singe pour parler des zommes, ça plaît toujours ;-)
Tatiana, tous les plus grands anthropologues sont d'accord sur le fait que ce qui distingue l'homme du singe, c'est que le singe est capable de ramasser un bâton pour décrocher un fruit sur un arbre, mais qu'il n'aura pas l'idée de garder le bâton pour le prochain fruit.
L'homme, lui, est capable de s'agenouiller sous une croix depuis deux millénaires et d'attendre encore et toujours un miracle. Ou de retourner chaque dimanche matin jouer au PMU.
Donc, l'homme n'oublie rien. Ou presque ;-)

Catherine L a dit…

mais comment ai-je pu ignorer ton blog !!heureusement que tu es venu chez moi !!me voilà revenue de mon escapade texane je vais pouvoir prendre le temps d'aller visiter les Blogdamis! bravo pour tes photos et ton humour! moi aussi je reviendrai.....

fan a dit…

La photo est terrible! :o)
Pour le texte qui l'accompagne, clap clap clap! Mais un homme qui n'aurait pas vu qu'"elle" avait embouti la voiture, ça ne peut être que parce qu'il a aussi laissé traîner ses lunettes! gnarf

Fabien a dit…

Impardonnable Catherine qui était passée par mon blog sans y revenir !
Ce sera trois Pater Noster, à moins de te voir y repasser ;-)

Fabien a dit…

A ce détail près, Fan, que l'homme en question est myope comme une taupe, et que sans ses lunettes, il demanderait à sa femme où elle a mis la voiture ;-)
Donc, toute ressemblance avec des faits existants ou ayant existé...
Mais j'ai une femme extraordinaire qui range MA voiture et MES lunettes.